Ce mercredi 7 octobre 2026, une cinquantaine de personnes se sont réunies à Cagnes-sur-Mer pour commémorer les attaques terroristes du Hamas en Israël. Une stèle commémorative a été dévoilée au parc de la Méditerranée, en présence du maire (Rassemblement national) Bryan Masson. La plaque rend hommage aux victimes du « pogrom perpétré en Israël », trois ans après les faits qui ont coûté la vie à 51 ressortissants français.
Un hommage solennel aux victimes
La cérémonie a débuté par la lecture des noms et des âges des victimes, suivie du dévoilement de la stèle. C'est la deuxième du genre dans le département, après celle de Nice inaugurée en 2024. Le lieu, situé à côté d'un jardin d'enfants, donne une portée particulière au monument, comme l'a souligné l'adjointe Marjorie Oussadon dans un témoignage poignant sur sa terreur de maman, alors qu'elle se trouvait en Israël lors des attentats.
Le maire Bryan Masson a justifié cet hommage : « Je suis proche, depuis longtemps, de la communauté juive cagnoise. Par cette stèle, je souhaitais leur dire notre soutien. S'en prendre aux Juifs, c'est s'en prendre à la République. » Il a également rappelé que « la haine contre nos concitoyens de confession juive explose dans le pays », faisant référence à une multiplication par trois des actes antisémites en France par rapport à 2022, soit environ 1 500 signalements par an.
Un choix des mots salué par la communauté juive
Gérard Tordjeman, président de la synagogue de Cagnes, a salué le choix des mots, notamment le sous-titre de la plaque : « Nous réaffirmons notre engagement contre l'antisémitisme y compris lorsqu'il se dissimule derrière l'antisionisme ». Cette prise de position intervient alors qu'une pétition contre la loi Yadan, visant à assimiler antisionisme et antisémitisme, a recueilli 700 000 signatures.
« Oui, on peut critiquer un gouvernement israélien, comme on peut critiquer tout gouvernement. Mais comment se taire quand le mot "sioniste" sert à dire "juif" sans le dire ? », a déclaré le représentant. Il a également évoqué le sort des Palestiniens, qui comptent 75 000 morts selon le ministère de la Santé de Gaza, dont 1 400 depuis le cessez-le-feu : « Comment fermer les yeux sur les enfants de Gaza exposés au feu par un Hamas se cachant parmi les civils ? Ces enfants si souvent privés d'une aide humanitaire qui leur est dérobée. »
Le maire réfute les accusations d'antisémitisme
La cérémonie a été marquée par une intervention du député RN de la 6e circonscription, Cyril Tribuiani, qui a lancé : « Je sais que vous avez l'intelligence de reconnaître ceux qui se tiennent réellement à vos côtés. Car certains voudraient vous faire douter. Une partie de la presse politique d'extrême gauche cherche à salir ceux qui vous défendent. » Une référence indirecte aux révélations de Mediapart sur des écrits antisémites attribués à Jordan Bardella, que le maire réfute : « C'est une barbouzerie, un enfumage. »
Bryan Masson a précisé : « Nous avons pris nos cartes à la même période [en 2011 et 2012]. On appartient à la même génération de militants. » Concernant Jean-Marie Le Pen et Alain Soral, multicondamnés pour antisémitisme, il a rappelé qu'ils ont été écartés du parti, respectivement en 2015 et 2009. Le conseiller municipal d'opposition Cédric Garoyan (PCF) a jugé la saillie du député « mal à propos » : « Il y a des antisémites à l'extrême droite, comme il y a des juifs engagés à gauche. Essentialiser n'apporte rien. La lutte contre l'antisémitisme ne devrait appartenir à aucun camp. »