Le tribunal correctionnel de Draguignan a condamné, mardi 22 septembre, Sofian B., dit « El Chapo », à six ans de prison ferme et 30 000 euros d’amende pour avoir dirigé un trafic de stupéfiants entre Fréjus et Le Muy, qui rapportait environ 90 000 euros par mois. Douze prévenus au total ont été reconnus coupables de participation à ce réseau, actif entre 2024 et 2025.
Un réseau organisé comme une entreprise
Le trafic, baptisé « Boston George », fonctionnait via trois canaux Telegram : un pour la publicité, un pour les commandes et un pour la gestion du planning des « salariés ». Les enquêteurs ont découvert des offres d’emploi, des journées de formation, une période d’essai, et même des retenues sur salaires en cas de retard ou d’erreurs. La procureure Stéphanie Félix a ironisé : « Il ne manquait que le numéro Siret. »
Le réseau, créé en 2020 sur Snapchat avant de migrer sur Telegram, a été démantelé en février 2025 après un contrôle de routine sur un consommateur et son vendeur. Les enquêteurs ont remonté la hiérarchie jusqu’à Sofian B., qui dirigeait depuis le Var ou Dubaï, où il aimait exhiber de grosses cylindrées. Sa compagne, surnommée « Rosa », « aveuglée par l’amour », tenait la comptabilité et les ressources humaines.
Un chiffre d’affaires de 90 000 euros par mois
Selon Stéphanie Félix, « ce trafic rapportait environ 3 000 euros par jour soit près de 90 000 euros par mois ». La « masse salariale » était comprise entre 4 800 et 8 000 euros par semaine, laissant 40 000 à 50 000 euros pour l’approvisionnement et le train de vie. « Cette petite entreprise fonctionnait bien, si ce n’est qu’elle était totalement illégale », a-t-elle ajouté.
Sofian B., qui portait un tee-shirt « Boss », a affirmé avoir « trouvé sa voie » dans l’IA, la bourse et les cryptomonnaies, jurant ne plus avoir « besoin de la drogue ». Sa défense, menée par Me Nolwenn Desbois, a contesté l’absence de poursuites au-delà de lui : « Qui gérait les approvisionnements ? L’enquête ne le dit pas… »
Des peines pour tous les membres
Ses adjoints, Mohammed K. et Dylan C., ont écopé de quatre et trois ans de prison ferme. Un mandat d’arrêt a été décerné contre Dylan C., en fuite. Les autres prévenus, d’anciens consommateurs, ont reçu des peines mixtes. Le réseau, qui stockait la drogue dans des appartements de membres, employait des livreurs comme « Nikita » et « Dany », et des vendeurs comme « Iceman », « Cristalline » ou Théo.