Siphonnage à Nice : deux hommes condamnés à quatre mois de prison
Siphonnage à Nice : quatre mois de prison ferme

Deux hommes âgés de 41 et 32 ans ont été condamnés à quatre mois d'emprisonnement ferme, dimanche 20 septembre à Nice, pour avoir tenté de siphonner le carburant de plusieurs véhicules. Les faits se sont produits en pleine flambée des prix des carburants, alors que leur propre voiture était en panne sèche. Les deux prévenus, fortement alcoolisés, ont été interpellés en flagrant délit et maintenus en détention à l'issue de l'audience.

Une panne sèche à l'origine des faits

Ironie du sort, la Toyota est tombée en panne juste devant une station-service du boulevard de l'Armée des Alpes, à Nice. À son bord, un couple sans moyen de paiement se retrouve à court d'essence. Le hasard les met alors sur la route d'un ami. Si la voiture est à sec, les trois individus, eux, sont fortement imbibés.

Il est environ 6 heures, dimanche 20 septembre, lorsque les deux hommes passent à l'action. Munis d'une bouteille en plastique, d'un bidon et surtout d'un tuyau, emprunté à une pompe qui traînait dans le coffre, ils entreprennent de siphonner le carburant de plusieurs véhicules stationnés dans le secteur. La femme, qui se trouve avec eux, reste dans la voiture et n'est pas poursuivie.

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Quatre tentatives, aucune réussite

Au total, les deux hommes vont tenter d'ouvrir les trappes d'essence d'au moins quatre véhicules. Ils ne parviendront à en ouvrir qu'une seule. Mais là encore, la tentative tourne court : la faible quantité de carburant présente dans le réservoir n'aurait pas permis d'en extraire. Les policiers interviennent finalement alors qu'ils sont encore sur place. Une personne, intriguée par la scène, a donné l'alerte.

Dans le box, les prévenus reconnaissent les faits. À les entendre, l'objectif était uniquement de permettre à la voiture de repartir : « Le but était juste de faire démarrer la voiture qui était à sec, plus une goutte d'essence. » À la barre, Me Florence Paulus insiste sur l'absence de préjudice constaté par les quatre plaignants, si ce n'est des bouchons endommagés. Me Sophie Belmonte reconnaît pour sa part des « faits d'une relative gravité » et demande au tribunal « la plus grande clémence ».

Des parcours judiciaires chargés

Le parcours judiciaire des deux hommes est également évoqué à l'audience. Le premier, né à Nice et âgé de 41 ans, présente un lourd passé judiciaire. Son casier comporte douze condamnations. Il est sorti tout récemment de détention. Le second, âgé de 32 ans et né au Burkina Faso, compte trois condamnations à son casier, essentiellement pour des faits de vol.

Pour le parquet, représenté par Carla Perez, ces faits appellent une réponse « ferme », d'autant plus dans le contexte actuel de forte hausse des prix des carburants. La représentante du ministère public avait requis six mois d'emprisonnement ferme avec maintien en détention pour le prévenu au casier le plus chargé, ainsi qu'une amende de 300 euros. Pour le coprévenu, elle avait demandé quatre mois d'emprisonnement, assortis de la révocation d'un sursis simple à hauteur de quatre mois.

Une mise en garde du président

À l'audience, le président Christian Legay met en garde les deux hommes sur les conséquences que pourrait avoir la multiplication de tels comportements : « Vous imaginez si tout le monde faisait ce que vous faites ? Ça se finirait en fusillade. » Les deux mis en cause ont été condamnés à quatre mois d'emprisonnement ferme et maintenus en détention.

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