Renoir volés : un suspect au passé de roi des stups
Renoir volés : un suspect au passé de roi des stups

Loïc, 29 ans, l’un des suspects du vol des tableaux de Renoir au musée de Cagnes-sur-Mer, doit être présenté ce samedi 10 octobre 2026 devant un juge d’instruction de Marseille en vue d’une mise en examen. Son ADN a été retrouvé sur des affaires abandonnées sur place, comparé au Fichier national des empreintes génétiques. Ce profil atypique avait déjà été arrêté en 2020 pour un trafic de drogue en ligne inspiré de la série Netflix How to Sell Drugs Online (Fast).

Un trafic de drogue monté depuis sa chambre d’étudiant

Fils de médecin et d’enseignant, issu d’une famille aisée avec un patrimoine immobilier, Loïc disposait d’un logement étudiant à Nice. Doué en informatique, il a utilisé le dark web pour créer un site de vente de drogue en ligne. Son inspiration : la série Netflix dans laquelle un adolescent féru d’informatique monte un trafic d’ecstasy depuis sa chambre.

En 2020, après deux mois et demi d’enquête, les saisies ont été réelles : près de 700 000 euros en espèces, 9 kg de cocaïne, 13 kg d’ecstasy, 4 kg de MDMA et 2 kg de kétamine. Il livrait l’ecstasy dans des boîtes de Tic-Tac et compressait la cocaïne avec une presse. Son organisation était millimétrée, avec une comptabilité rigoureuse, et il alertait ses clients sur les dangers potentiels de ses drogues dans des notices explicatives.

Un parcours étonnant : de l’armée au commissariat

Après son bac, Loïc s’était engagé dans l’armée, avant de la quitter un an plus tard pour reprendre ses études. Il a réussi le concours d’adjoint de sécurité (ADS) et a travaillé quelques mois au commissariat Foch de Nice. Les policiers le décrivaient comme « un stakhanoviste qui travaille comme un entrepreneur avec l’idée fixe de gagner de l’argent », et son profil était « pas méchant, poli et timide, pas du tout un profil de grand délinquant même si ce qu’il vend est très dangereux », selon le commissaire Aurélien Froger.

Son entreprise lui rapportait plusieurs dizaines de milliers d’euros par mois, mais il vivait « chichement », selon les enquêteurs. Il a été remis en liberté en 2022, malgré l’appel du parquet, à la suite d’un vice de procédure soulevé devant la chambre de l’instruction, selon son avocat Me Jean-Denis Flori. Cette première affaire doit être jugée en 2027 devant le tribunal correctionnel.

Nouvelle affaire : le vol des Renoir

Dans le dossier du vol des Renoir, Loïc est soupçonné d’être l’un des deux cambrioleurs qui ont braqué le musée. Il fait partie des six interpellés des Alpes-Maritimes, du Var, de l’Hérault et du Doubs. Certaines interpellations ont eu lieu à Roquebrune-Cap-Martin, Fréjus et Sanary. Les deux tableaux manquants, « Madame Colonna Romano » et « Jeune femme au puits », ont été retrouvés le jeudi 8 octobre au soir.

Un policier qui l’a connu dans la première affaire n’est pas étonné : « On est loin des stupéfiants, mais il n’était pas parti pour retrouver une activité honnête. Il souhaitait un enrichissement rapide que la vie normale n’offre pas. » Selon Me Jean-Denis Flori, Loïc est resté silencieux durant sa garde à vue « et entend réserver ses explications au juge d’instruction ». À ce stade, il reste présumé innocent.