Reconstitution de l'enlèvement de Lydie Logé : des avancées significatives mais pas de conclusion définitive
La soirée froide et pluvieuse du jeudi 12 février a marqué une étape cruciale dans l'enquête sur la disparition de Lydie Logé en 1993. Une reconstitution minutieuse a été organisée à Saint-Christophe-le-Jajolet dans l'Orne, permettant de construire ce que l'avocate des parties civiles, Corinne Herrmann, décrit comme un « album photographique » des souvenirs de Monique Olivier. Des figurants ont rejoué les rôles de la victime et de ses deux agresseurs, offrant une vision plus précise des événements.
Des progrès dans l'enquête mais un long chemin à parcourir
Interviewée après sept heures de reconstitution dans le pavillon où Lydie Logé a disparu, Me Herrmann a salué les avancées réalisées grâce à cette initiative. Elle a particulièrement mis en lumière la relation constructive établie par la juge d'instruction du pôle « cold case » de Nanterre, Sabine Khéris, avec Monique Olivier, l'ex-épouse du tueur en série Michel Fourniret, aujourd'hui décédé. « Cette nouvelle Monique Olivier parle et essaie sincèrement d'aider », a déclaré l'avocate, tout en tempérant les espoirs : « on a une idée plus précise du scénario mais on a encore du chemin à faire ».
Me Herrmann a insisté sur le fait que cette reconstitution ne marque pas la fin de l'enquête. « Il y aura encore des repérages, des fouilles, sans Monique Olivier, ce n'est pas le point final », a-t-elle expliqué, appelant également d'éventuels témoins à se manifester pour apporter de nouvelles informations.
Un choc pour la famille et la communauté locale
Pour la famille de Lydie Logé, dont une tante et une cousine ont assisté à la reconstitution, cet événement a été décrit comme « une horreur » par Corinne Herrmann. « Ça les ramène à la mort de Lydie dans les mains de ces deux tueurs en série », a-t-elle souligné. L'avocate a réaffirmé la détermination de la famille à ne pas abandonner l'espoir de retrouver le corps de la jeune femme, afin de « pouvoir lui donner une sépulture » selon les souhaits de ses proches.
Lydie Logé, mère d'un garçon de sept ans, avait disparu le 18 décembre 1993 à l'âge de 29 ans dans ce petit village de 240 habitants, peu après avoir effectué des courses de Noël à Argentan avec une amie. Patrick Lecorre, un résident du village depuis 1988 et voisin de la maison où la reconstitution a eu lieu, se souvient auprès de l'AFP que « au début, on ne parlait que d'une disparition ». Lorsque le nom de Michel Fourniret est apparu dans le dossier, « ça a été un choc » pour la communauté locale.
Relance des investigations après des années d'impasse
Les enquêtes menées de 1994 à 1998 puis de 2004 à 2009 avaient abouti à des non-lieux, laissant l'affaire dans l'ombre pendant des années. Cependant, les investigations ont été relancées en 2018 suite à des rapprochements entre des traces ADN issues de composés organiques retrouvés dans la camionnette de Michel Fourniret et l'ADN de la mère de Lydie Logé. Cette découverte a ouvert de nouvelles perspectives dans cette affaire complexe.
Présente dans l'Orne depuis mardi, Monique Olivier, âgée de 77 ans, a été interrogée et confrontée à plusieurs lieux potentiels où le corps de Lydie Logé pourrait avoir été caché. Son avocat, Richard Delgenes, s'est refusé à tout commentaire, laissant planer le mystère sur les détails de ces échanges.
Cette reconstitution, bien qu'éprouvante pour les proches de la victime, représente une lueur d'espoir dans une enquête qui a longtemps stagné. Les autorités espèrent que les éléments recueillis lors de cette soirée permettront de faire avancer significativement les recherches et, peut-être, de mettre un jour un terme à cette tragédie qui hante depuis des décennies la famille de Lydie Logé et la communauté de Saint-Christophe-le-Jajolet.



