Le tribunal correctionnel de Draguignan a condamné, ce mardi 22 septembre, trois hommes originaires de la région lyonnaise pour des faits de proxénétisme aggravé. Les peines prononcées vont de deux à cinq ans d'emprisonnement ferme. L'affaire avait été révélée à l'été 2024, lorsque les gendarmes avaient découvert quatre femmes contraintes de se prostituer dans une villa de Fayence, dans le Var.
Des vacances qui tournent au cauchemar
En juillet 2024, Dounia (1) pensait passer quelques jours de farniente au soleil dans une villa cossue de Fayence avec son amie Sonia. Mais les vacances ont viré au cauchemar deux jours à peine après son arrivée. Forcée à se prostituer « afin de payer le loyer », ne pouvant pas quitter les lieux – son véhicule étant coincé entre celui de son proxénète et un garage – elle n'a dû son salut qu'à un appel téléphonique à une amie parisienne, qui a pu joindre dans les foulées les gendarmes de la brigade territoriale autonome de Fayence.
À leur arrivée sur place, les militaires découvraient quatre femmes et deux hommes, un troisième ayant pris la fuite quelques minutes auparavant. Dounia expliquait avoir été contrainte à une dizaine de relations tarifées sous la pression d'Heini L. et sous la surveillance d'Abdel O. et Anisse K. Le trio, originaire de la région lyonnaise, utilisait le site Sexemodel (2) pour passer des annonces. Ils répondaient eux-mêmes aux clients et intervenaient en cas de problèmes lors des passes.
Des exploitations téléphoniques accablantes
L'exploitation des différents téléphones portables permettait également de mettre en évidence un début d'activité pour certaines victimes dès l'été 2023 sur Paris et Lyon. L'une d'elles n'hésitait pas à signaler noir sur blanc à Heini ses souffrances physiques, son « corps n'ayant pas l'habitude » d'avoir plusieurs relations sexuelles par jour.
Malgré leurs dénégations, Abdel O. et Anisse K. ont été condamnés ce mardi par le tribunal correctionnel de Draguignan à 26 mois d'emprisonnement ferme et à une interdiction de séjour dans le Var d'une durée de trois ans.
Le proxénète principal en fuite
Heini L., en fuite et considéré par les victimes et la procureure Inès Papin comme le proxénète principal dans ce dossier, est condamné pour sa part à cinq ans d'emprisonnement ainsi qu'à une interdiction de séjour de trois ans dans le département. Un mandat d'arrêt a été décerné à son encontre.
Cette affaire intervient dans un contexte où le site Sexemodel, rebaptisé récemment MesLibertines, est dans le collimateur de la justice. Il y a dix jours, le parquet de Paris a ouvert une enquête à l'encontre de ce site Internet, car il faciliterait la prostitution de jeunes filles mineures.