Scandale du Centre du don des corps : procès requis pour trois personnes
Procès requis dans le scandale du Centre du don des corps

Le parquet de Paris a requis un procès pour trois personnes dans le scandale du Centre du don des corps, tandis qu'un non-lieu a été demandé pour l'ex-université Paris Descartes, absorbée depuis par l'établissement Paris Cité, au grand dam des parties civiles. Les personnes concernées sont deux préparateurs en anatomie du Centre et l'ancien président de l'Université Paris Descartes, Frédéric Dardel. Ils sont poursuivis pour atteintes à l'intégrité de cadavres de personnes ayant fait don de leur corps à la science.

Des conditions déplorables révélées en 2019

Fin 2019, l'Express a révélé des conditions déplorables de conservation des dépouilles et décrit des soupçons de marchandisation des corps, dans ce qui est alors considéré comme le plus grand centre d'anatomie européen. Une enquête administrative avait conclu que l'université Paris Descartes était responsable de « graves manquements éthiques ». Me Najwa El Haïté, conseil de Jean Rémy H., 51 ans, évoque également un « contexte de dysfonctionnements structurels de l'université », estimant « qu'aucune intention de profaner les corps ou de porter atteinte à leur dignité » ne peut être imputée à son client.

Les accusations contre les préparateurs

Le parquet demande aujourd'hui un renvoi de ce préparateur en anatomie devant le tribunal, soupçonné notamment d'avoir, entre novembre 2013 et janvier 2018, récupéré « sur les corps des dents en or et des bijoux », leur avoir porté « des coups de couteau » et les avoir laissés « volontairement à la merci des rongeurs ». L'autre préparateur poursuivi, Maurice H., retraité, est accusé d'avoir conservé « des ossements humains », « dans des conditions indignes, dans un but privé » alors qu'il ne travaillait plus dans ce Centre depuis 2011, après plus de 35 ans de carrière. Cet octogénaire « demeure meurtri par les griefs émis à son encontre », réagit son avocat, Me Saveriu Felli : « On juge un métier qu'une extrême majorité de la population ne pourrait exercer, parce qu'il est trop dur. »

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L'ancien président mis en cause

Le parquet reproche à Frédéric Dardel, ancien président de Paris Descartes, de ne pas avoir agi assez rapidement, entre novembre 2016 et juillet 2018, « malgré les alertes répétées, les photographies et les rapports écrits décrivant l'état de décomposition avancée de centaines de corps humains ou de parties de corps, leur entassement dans des conditions indignes, en présence de rongeurs ». Contactée, son avocate Me Marie-Alix Canu-Bernard n'a pas souhaité faire de commentaire « à ce stade ».

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