Procès Karaa à Montpellier : l'accusé clame son innocence face aux viols
Procès Karaa : l'accusé clame son innocence

Alexandre Karaa, 40 ans, jugé depuis lundi 12 octobre devant la cour criminelle de l'Hérault à Montpellier pour le viol de six jeunes femmes rencontrées via les applications Meetic et Tinder, a une nouvelle fois dénoncé son incarcération et réfuté toute culpabilité. Il encourt vingt ans de réclusion criminelle. Le verdict est attendu jeudi 15 octobre.

Un ancien directeur de centre médico-social face à six plaignantes

L'ancien directeur du centre médico-social de Castelnau-le-Lez de l'association Perce-Neige est mis en cause par six plaignantes, qui dénoncent des pratiques sexuelles radicales, humiliantes et douloureuses, auxquelles elles affirment ne pas avoir consenti lors des rendez-vous avec cet homme, via Meetic ou Tinder entre octobre 2016 et novembre 2023. Elles décrivent des rendez-vous qui ont selon elles totalement dérapé, l'accusé leur ayant imposé des pénétrations anales malgré leur refus, des fellations poussées jusqu'à ce qu'elles vomissent, ou leur ayant uriné sur le visage.

« Je clame haut et fort mon innocence et je n'en démordrai pas », a expliqué d'une voix forte le quadragénaire, défendu par Me Carlo Bruza. « Je ne suis pas un homme qui a agressé des femmes dans la rue, on parle de relations avec des femmes initialement consenties ». Il a ajouté : « Qui a dit que les femmes étaient mécontentes après ces rapports ? Pour une bonne partie de mes rapports ça se passait très bien, on ne peut pas voir que le négatif. »

Des activités sexuelles « excessives et addictives » selon l'expertise psychiatrique

L'expert psychiatre qui a examiné Alexandre Karaa a souligné que ses activités sexuelles étaient « une préoccupation excessive et addictive » dans sa vie, occupant « une place centrale dans la structuration de son désir sexuel ». Entre janvier et novembre 2023, date de son arrestation, les gendarmes ont relevé 430 contacts sur Meetic et plus de 259 échanges avec des femmes via Snapchat. Ils ont également découvert des images filmées à leur insu de rencontres avec des prostituées, certaines refusant ses demandes de pratiques extrêmes.

Selon le juge d'instruction, il visait lors de ses recherches sur les sites « des femmes inexpérimentées et personnellement fragiles », avec un mode opératoire prémédité, les nourrissant voire les gavant de pâtes au pesto « pour s'assurer qu'elles vomissent lors des fellations ». Certaines plaignantes ont souligné que leur opposition à ses demandes semblait le stimuler « comme si son excitation sexuelle était décuplée par leur résistance ». L'une d'elles rapportant sa réponse lorsqu'elle lui faisait part de ses limites : « C'est ça qui est excitant ».

Des documents politiques saisis et un procès public demandé

Les gendarmes ont également saisi en perquisition des textes, des photos et des formulaires d'adhésion d'Alexandre Karaa au Parti nationaliste français (fondé en 1983 par des dissidents du Front national, anciens membres de la Waffen-SS NDLR) et au Comité Jeanne-d'Arc, fondé par Jean-Marie Le Pen après son exclusion du Front national en 2016. « On verra comment cela peut s'inscrire ou non dans ce dossier à une adhésion à des théories suprémacistes, et sur le rôle de la femme qui n'a pas grand-chose à dire selon vous sinon accueillir son héros et lui faire des enfants, de préférence blanc », a relevé le président de la cour criminelle de l'Hérault dans son rapport de présentation.

Les six plaignantes, défendues par Me Virginie Manzi, Me Hervé Gerbi et Me Cécile Chresteil, ont demandé que le procès soit public. Alexandre Karaa, s'il est reconnu coupable, encourt vingt ans de réclusion criminelle. Le verdict est attendu jeudi 15 octobre.