Procès de l'attaque du Prolé d'Alès renvoyé au 25 novembre
Procès du Prolé d'Alès renvoyé au 25 novembre

Le procès de l'attaque du Prolé d'Alès, initialement prévu ce mardi 6 octobre devant le tribunal correctionnel, a été renvoyé au mercredi 25 novembre. Le président du tribunal judiciaire, Simon Lanes, a justifié ce renvoi par la complexité du dossier et la nécessité de juger l'affaire dans des conditions dignes, devant une formation collégiale.

Une audience à juge unique jugée insuffisante

Ce mardi 6 octobre, prévenus et parties civiles étaient convoqués au tribunal judiciaire d'Alès, dans le Gard, pour l'examen de l'attaque du Prolé de la rue de Beauteville, survenue le 31 mai 2025, en pleine feria de l'Ascension. Trois suspects, âgés de 23 à 27 ans, originaires du Bassin, inconnus de la Justice ou pour des faits mineurs, et présumés proches du groupuscule identitaire d'ultra-droite « Block Montpelliérain » dissous en mars dernier, étaient convoqués lors de l'audience à juge unique.

À la barre, un seul des prévenus a fait le déplacement ; âgé de 27 ans, il est assisté de Me Aurélien Vergani. Mes Ralph Blindaeur, Alain Ottan et Sophie Mazas représentent les parties civiles présentes. Dès l'ouverture de l'audience, le président Simon Lanes a annoncé : « J'ai pris le soin de vous écrire puisque j'estime que pour plusieurs motifs nous ne sommes pas en mesure de l'aborder aujourd'hui au fond. C'est un dossier qui revêt une certaine complexité et qui mérite qu'on lui consacre une journée entière. »

Les parties civiles soutiennent le renvoi

Le magistrat a opté pour la mobilisation d'une formation collégiale, « car j'estime qu'on est plus intelligent à plusieurs », et a annoncé un renvoi au mercredi 25 novembre. « Ce sera effectivement un débat de société sur une journée entière », a-t-il ajouté. Les conseils des victimes présumées ont soutenu cette décision. Me Ottan a expliqué : « On est parfaitement d'accord avec votre analyse », avant d'indiquer que ses confrères et lui avaient également sollicité un renvoi, notamment parce que « la règle, c'est la collégialité » et parce qu'ils contestent le choix du parquet de renvoyer le dossier devant une « juge unique ».

Deux circonstances aggravantes sont retenues, en réunion et avec armes, mais les parties civiles en visent une troisième : la préméditation. Or, précise Me Ottan, le juge, seul à siéger, ne peut exercer son pouvoir de requalification. Me Blindaeur s'est projeté vers le 25 novembre : « Ce sera effectivement un débat de société sur une journée entière. »

Le procureur motive sa décision

Le procureur de la République, Abdelkrim Grini, a qualifié le dossier de « sensible », « complexe et, osons le dire, particulier ». Il a déclaré que, pour lui, « le renvoi est légitime, mais pas sur le même critère que la partie civile ». À l'issue des investigations de la police judiciaire de Montpellier, il a d'abord « considéré qu'il n'y avait pas d'utilité et de nécessité de saisir un juge d'instruction », avant de motiver son choix pour une audience à juge unique : « La circonstance aggravante de préméditation ne coulait pas de source. Il y avait un doute et ce doute doit bénéficier aux mis en cause. »

Après un quart d'heure de débats, Me Vergani, en défense, a déclaré : « Nous sommes prêts. Nous sommes là. Que ce soit aujourd'hui, le 25 ou une autre date, nous sommes là ! » Le rendez-vous est désormais fixé au 25 novembre, devant une formation collégiale, pour une journée entière consacrée à ce débat de société.