Le procès d'Anthony Barotin, accusé du double assassinat de ses beaux-parents, Marie-Laure et Patrick Lauro, s'ouvre ce lundi 28 septembre devant la cour d'assises du Var. Il encourt la réclusion criminelle à perpétuité.
Un crime découvert le jour d'un mariage
Les faits remontent au 2 juillet 2021. Ce soir-là, Marie-Laure et Patrick Lauro, âgés de 63 et 65 ans, sont abattus dans leur domicile à Tourves. Leur fille et son fiancé, Guillaume et Chloé, devaient se marier le lendemain au Domaine des Sources, à Tourves. À leur arrivée avec les convives, ils trouvent le portail clos. Personne ne répond. Dans la partie privée de l'habitation, les corps sans vie des deux victimes sont découverts.
Patrick Lauro, atteint au visage de quatre balles de calibre 22 Long Rifle, est retrouvé dans le hall d'entrée. Son épouse, touchée à la tête, au thorax et à la cuisse par la même arme, se trouvait sous la douche à l'étage au moment du crime.
Des aveux puis une rétractation
L'enquête, menée par les gendarmes de la section de recherches de Marseille, dure quatre mois. Après avoir étudié plusieurs pistes, ils concentrent leurs efforts sur l'environnement proche des victimes, notamment sur leur gendre, Anthony Barotin, avec lequel les relations étaient orageuses.
Le 17 novembre, lors de sa dernière audition de garde à vue, Anthony Barotin passe aux aveux. Il explique s'être procuré auprès d'un ami une arme munie d'un silencieux un mois avant les faits, avec l'intention d'assassiner ses beaux-parents. Il s'entraînait aux tirs à son domicile, en visant des planches en bois, découvertes plus tard par les gendarmes lors d'une perquisition.
Le jour des faits, profitant de l'absence de son épouse, il se rend chez ses beaux-parents au volant d'une voiture prêtée par cet ami. Habillé de noir, il coupe l'électricité, obligeant son beau-père à sortir pour rétablir le courant. Il pénètre alors dans la villa, monte à l'étage et tire sur Marie-Laure. En sortant de la salle de bains, il tire également sur le chien du couple, qui survivra. Il descend ensuite et abat Patrick de sang-froid.
Pour prouver ses dires, il mène les enquêteurs au lac de Carcès, où il dit avoir jeté l'arme du crime. Celle-ci est retrouvée à proximité du barrage par des plongeurs.
Le mobile et la rétractation
Anthony Barotin explique son geste par une forte rancœur accumulée au fil des ans, estimant avoir essuyé des propos insultants de la part des victimes. Il nie avoir agi par appât du gain, malgré ses difficultés financières mises au jour lors de l'instruction et son empressement, notable selon certains témoins, à régler la succession.
Après deux ans de détention provisoire, durant lesquels il a écrit une lettre d'excuses à son épouse et ses enfants, il revient sur ses aveux. Il affirme désormais avoir agi sous la menace de « deux hommes cagoulés » œuvrant pour un troisième, et désigne le fils d'un ami de Patrick comme commanditaire. Cette thèse n'a pas convaincu la juge d'instruction.
Sous la présidence d'Emmanuelle de Rosa, le procès d'Anthony Barotin, défendu par Me Philippe Capsie, est prévu pour durer toute la semaine. Il devra répondre d'assassinats devant la cour d'assises du Var.