Prison ferme pour un détenu aux théories racialistes à Pau
Prison ferme pour un détenu raciste à Pau

Ce lundi 18 mai, un trentenaire incarcéré à la maison d'arrêt de Pau a eu du mal à chasser son naturel lors de sa comparution immédiate. 24 mois de prison ferme se sont ajoutés à son parcours carcéral déjà lesté par un refus perpétuel de l'autorité.

Une audience marquée par des théories racialistes

L'audience de comparution immédiate du lundi 18 mai, au tribunal judiciaire de Pau, a donné lieu à des théories racialistes, des menaces de mort rééditées et la condamnation d'un trentenaire à 24 mois de prison ferme. Déjà incarcéré à la maison d'arrêt de Pau, David Greusard était poursuivi en récidive pour injures, menaces, violences envers six agents pénitentiaires commis le 30 janvier, les 7 et 14 mai derniers. Trois dates pour un mesclun d'infractions, une pluie d'insultes, surtout racistes, et quelques coups. Tous assumés.

Des propos assumés et des menaces proférées

« Je ne regrette rien. Sauf de ne pas avoir pu finir l'acte que j'allais commettre », verse d'entrée David Greusard au sujet de ce 7 mai où sa « colère » a encore débordé sur l'autorité publique. Le dessein initial du détenu ce jour-là – « régler définitivement un différend d'ordre financier » avec un détenu prénommé Thomas –, s'est arrêté au portique de la promenade. Le surin de fortune, « une fourchette en inox modifiée en pic » a bipé. Le détenu a collaboré avant de s'emporter contre ses geôliers, comme le 30 janvier, comme à la prison de Bordeaux, puis celle de Mont-de-Marsan, où l'ancien étudiant en histoire avait précédemment échoué.

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Condamné une première fois en 2012, quand il était mineur pour vol en réunion, David Greusard a payé depuis son aversion pour l'autorité. Ce trait de caractère, saillant lors des débats tenus en comparution immédiate, s'est mêlé à des interventions détonantes. « Les agents font un métier très compliqué, très mal rémunéré. Ils ont affaire à des gens dangereux, ils ont un courage exceptionnel. »

Un discours teinté de suprémacisme

Une curieuse facette qui n'a eu de cesse de voler en éclats, et notamment lors des questions de Vincent Ligney, l'avocat des parties civiles, au sujet de la couleur de peau de ses clients. « Noir, maghrébin, je ne les classe pas pareil », assume David Greusard avant d'évoquer délibérément la « race aryenne ».

Les menaces ont aussi plané. Notamment à l'endroit de l'assesseure qui dirigeait les débats : « Vous le verriez si j'étais énervé. Là vous me parlez comme ça parce qu'il y a cinq mecs pour vous protéger. Faites attention quand même ». Et puis vers le fonctionnaire de la maison d'arrêt de Pau qui lui aurait « cassé trois dents » et contre lequel une plainte a été déposée. « Cet agent, j'ai son adresse grâce à vous, soyez certains que je vais lui envoyer une équipe. »

Une peine alourdie par la récidive

« La tribune » devait cesser pour la procureure Marie Gicquaud, qui a évité l'outrage malgré ses réquisitions : 36 mois de prison ferme. « Monsieur sait ce qu'il fait, mais ce qu'il n'a pas compris c'est qu'il rallonge sa peine. » Las, le tribunal a quand même cherché à comprendre. David Greusard, né en Roumanie, adopté à 3 ans par « un couple de fonctionnaires » a connu « une enfance heureuse », a « travaillé », « étudié à la Sorbonne ». Il a aussi passé « un tiers de sa vie en détention », précisait son avocate Me Camps. Les transferts, les passages en quartier disciplinaire, pas de visite, aucun parloir, et ce volcan irrépressible. « Ce n'est pas normal que j'ai ce comportement. J'ai peut-être un problème neurologique », soumet laborieusement l'intéressé, peu enclin par le passé à entamer un parcours de soins. Persona non grata à Bordeaux, Mont-de-Marsan et maintenant Pau, il effectuera ses 24 mois de prison à Tarbes.

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