La police municipale d'Ondres disparaît depuis deux mois, la mairie promet des recrutements
Vous cherchez la police municipale d'Ondres ? N'insistez pas, elle est aux abonnés absents depuis plus de deux mois maintenant. « En cas d'urgence, composez immédiatement le 17 afin de joindre la gendarmerie », indique la messagerie des deux numéros de téléphone – fixe et portable – mentionnés sur le site Internet de cette ville du Seignanx. Pour tous « les petits conflits et les incivilités au sens propre », dont la résolution fait partie des missions dévolues à la police municipale d'Ondres, il faudra trouver une autre solution.
Quatre agents, quatre absences
Des quatre policiers municipaux ondrais – une responsable de service et trois brigadiers-chefs principaux – plus aucun n'est à son poste, comme le confirme la maire, Eva Belin. « L'un des agents est parti en retraite. Deux autres ont obtenu des mutations qu'ils souhaitaient et la cheffe de service a fourni un long arrêt de travail sur lequel je ne peux évidemment pas m'exprimer. »
« C'est vrai que ça fait déjà quelques semaines qu'on ne voit plus personne », constate en souriant Marianne, venue chercher son enfant à l'école du bourg, ce jeudi 5 mars. Au moment où certains semblent vouloir avancer leur voiture jusque dans la cour d'école quand d'autres souhaitent quitter leur stationnement au plus vite, d'autres parents d'élèves déplorent l'absence de tout shérif de la circulation.
Recrutements en cours selon la mairie
Sans s'attarder sur le cas de l'arrêt maladie, le reste des motifs donnés interroge : la retraite d'un agent se prépare et une mutation ne se produit pas du jour au lendemain. « Je ne comprends pas l'inertie de l'administration. Un premier recrutement a été fait depuis décembre. Il s'agit d'une femme qui travaillait dans la gendarmerie. Mais on attend encore la commission qui lui permette d'être assermentée et de rentrer en fonction », assure Eva Belin.
« Un deuxième recrutement est en cours : on a déjà reçu 12 CV. » Une offre de poste, pour un « gardien brigadier ou un brigadier-chef principal », apparaît en effet sur le site de l'emploi territorial depuis le 16 février 2026. Voilà une dizaine de jours, la municipalité d'Ondres a également publié une annonce concernant « un assistant de police municipale saisonnier ».
Un thème de campagne électorale
« Avec la saison estivale, il est grand temps que cette police de proximité soit remise en place », pointe Muriel O'Byrne Castro. Sans accabler la maire sortante, la tête de liste d'Ondres unie, candidate aux municipales, relève « la multiplicité des missions » qui attend un service appelé à fonctionner avec trois agents. « Leurs patrouilles » à bord d'une voiture remisée aux ateliers municipaux depuis la fin d'année dernière, autant que « leur présence » restent un moyen sûr de prévenir les infractions.
« Les Ondrais se sentent abandonnés ! », gronde quant à lui Patrick de Casanove. Candidat d'Espoir et sérénité pour les Ondrais, c'est lui qui a fait naître la police municipale durant son mandat de maire d'Ondres, entre 1995 à 2001. « Au-delà d'assurer la sécurité à la sortie des écoles et des carrefours dangereux, il s'agit de remettre sur pied une équipe concentrée sur la sécurité des biens et des personnes. »
« C'est un sujet populiste. Ce n'est pas un hasard si vous le traitez maintenant, à quelques jours des élections », rétorque de son côté Eva Belin. À la tête d'Ondres avec vous, elle présume (à tort) d'où part la balle. « La délinquance, l'agressivité. À Ondres, ce ne sont pas des sujets majeurs. Il n'y a pas besoin d'armer les policiers municipaux, comme j'entends la petite musique venue de l'autre côté. » Que l'humanité des nouveaux agents suffise. Nul ne saurait s'en plaindre. Mais encore faut-il qu'ils soient là.



