Le 1er octobre, le tribunal correctionnel d'Alès a condamné un jeune Gardois de 20 ans à trois ans de prison avec sursis probatoire pour avoir poignardé à deux reprises un homme de 21 ans lors d'une fête à Saint-Brès, dans le nord du Gard. Le prévenu, qui a reconnu les faits, a exprimé ses regrets : « J'ai conscience que c'est très grave ».
Les faits de la nuit du 24 au 25 juillet
Dans la nuit du 24 au 25 juillet, vers 2 heures du matin, l'habitant de Meyrannes, alcoolisé, rejoint sa sœur dans une maison où se déroule une fête. Le ton monte avec d'autres personnes à propos de différends passés. Un jeune de 21 ans lui demande de sortir, le prenant par le bras pour l'accompagner vers la sortie. La situation dégénère : le plus âgé des deux reçoit deux coups de couteau, le premier au flanc gauche, le second à la poitrine.
Le mis en cause quitte les lieux et se constitue prisonnier à la gendarmerie en fin de nuit. La victime dispose de cinq jours d'interruption totale de travail (ITT). Lors de l'instruction, la présidente de l'audience, Fabienne Harbon-Camliti, précise que « ce que dit le médecin, c'est que les coups auraient pu être mortels s'ils avaient été plus violents ».
Le prévenu reconnaît les faits mais évoque un « flou »
Le prévenu reconnaît être l'auteur des coups de couteau, même si, pour lui, « c'est très flou […] J'avais le couteau dans ma sacoche, mais je ne me souviens pas quand je l'ai sorti ». Interrogé sur les raisons, il répond : « Je ne sais pas. Par peur… ». La présidente l'interpelle : « Vous vous rendez compte que vous auriez pu le tuer ? ». Le Meyrannais, magasinier au casier judiciaire vierge qui vit chez ses parents, opine du chef : « Moi, je regrette les faits. J'ai conscience que c'est très grave ».
Le parquet reste dubitatif. Cindy Fernandez, substitut du procureur de la République, déclare : « C'est une chance de comparaître libre aujourd'hui et de ne pas avoir tué quelqu'un ! ». Elle n'est pas persuadée que l'agresseur « a pris la mesure de la portée de ses actes ». Elle ajoute : « À l'origine, c'est “Je ne suis pas content qu'on me mette dehors à une soirée et je donne des coups de couteau” ».
La défense plaide la culpabilité et les remords
Me Olivia Betoe, avocate de la partie civile, porte la parole d'une famille « psychologiquement traumatisée » et rappelle qu'« on a évité le drame » qui aurait pu se terminer devant une cour d'assises. Le parquet requiert trois ans de prison, dont deux avec sursis probatoire.
L'avocat de la défense, Me Hugo Ferri, partage « la culpabilité », « les regrets », « les remords sincères et exprimés », « la honte » de son client. Il déclare représenter « un jeune qui vient assumer ses actes, qui vient accepter une peine mixte. Je ne peux que m'incliner devant ces réquisitions ».
Finalement, le tribunal condamne l'auteur des coups de couteau à trois ans avec sursis probatoire, sans prison ferme. Le prévenu, qui assure lors de sa dernière prise de parole que « ça ne se reproduira jamais », n'écope donc pas de peine ferme.