L'écrivain canado-haïtien Thélyson Orélien, âgé de 38 ans, est visé par des allégations de plagiat pour des textes publiés notamment en 2013. Le quotidien québécois La Presse a révélé, ce mercredi 23 septembre, qu'une chronique de l'auteur publiée à l'époque par le journal est, dans sa « quasi-totalité », une « traduction légèrement remaniée » d'un article diffusé quelques jours plus tôt par le journal philippin The Philippine Star.
Des textes plagiés dans plusieurs médias
Outre cette chronique, La Presse et le groupe audiovisuel public Radio-Canada évoquent d'autres textes contenant des passages plagiés, publiés par l'écrivain notamment dans Le HuffPost Québec ou sur des blogs. Radio-Canada indique par ailleurs qu'une nouvelle de Thélyson Orélien, ayant remporté un prix décerné par le groupe public dans les années 2010, contient des phrases tirées du livre Le matin des magiciens de Louis Pauwels et Jacques Bergier, publié en 1960.
Suspicion de recours à l'intelligence artificielle
« Nos doutes sur la démarche de Thélyson Orélien quant à son recours à l'IA ont mené à la découverte de plagiat », a déclaré l'éditeur adjoint de La Presse, François Cardinal, cité dans le journal. Cette suspicion porte sur son premier roman C'était ça ou mourir, qui est en lice pour plusieurs grands prix littéraires. « À une époque où le public est inondé de faux, notre rigueur quotidienne dans la vérification de l'information est notre plus grande responsabilité. Cette tromperie est décevante et inexcusable », a-t-il ajouté.
Dans un communiqué diffusé mercredi, l'éditeur québécois de Thélyson Orélien, Les Éditions du Boréal, indique avoir « pris connaissance des allégations relayées au cours des dernières 24 heures par différents médias, ici et à l'étranger ». « Nous prenons ces allégations très au sérieux, tant pour l'auteur que pour ses lecteurs et pour la confiance qui unit une maison d'édition à son public », ont ajouté les Éditions du Boréal. La maison d'édition dit par ailleurs « déployer tous les efforts nécessaires, avec l'auteur comme à l'interne, afin de faire toute la lumière sur les allégations ».
Accusations anonymes et réponse de l'auteur
L'auteur est la cible d'accusations lancées lundi par le compte anonyme « Balance ton Claude », jusqu'alors confidentiel avec 92 abonnés, qui a affirmé que le roman avait été « presque intégralement » écrit par intelligence artificielle. Le compte indique avoir utilisé pour l'analyse d'extraits le logiciel américain de détection Pangram. Thélyson Orélien a rejeté mardi ces accusations. Les Éditions du Boréal, qui publient l'écrivain, ont promis de faire toute la lumière sur ces allégations, tandis que les médias québécois continuent d'examiner l'ensemble de l'œuvre de l'auteur.



