Le chef étoilé Pierre Sang Boyer, ancien candidat de Top Chef, fait face à de lourdes accusations de la part de plusieurs anciens employés de ses restaurants parisiens. Ces salariés ont dénoncé auprès de Mediapart un climat de travail délétère, marqué par un contrôle obsessionnel, des humiliations et des conditions d’hygiène douteuses.
Des témoignages accablants sur le management
Les témoignages pointent une surveillance permanente des équipes, avec obligation de photographier chaque tâche et de l’envoyer sur WhatsApp. Certains anciens responsables évoquent un « abus de pouvoir », d’autres décrivent un chef parfois agressif, notamment sous l’emprise de l’alcool : « il ne se rend plus compte de ce qu’il dit », confie un cuisinier.
Au-delà du management, un ancien apprenti dénonce des cadences infernales, des heures supplémentaires impayées et une pression constante. Ces éléments révèlent une organisation du travail qui aurait des répercussions directes sur la santé et le bien-être des équipes.
Des conditions d'hygiène mises en cause
Selon les témoignages, la présence de nuisibles a été constatée dans certaines cuisines, et la vente de produits dont la provenance ou la fraîcheur est mise en cause est évoquée. Par exemple, des poulets polonais auraient été vendus comme venant « des Landes », ce qui soulève des questions sur la traçabilité et la transparence vis-à-vis des clients.
Ces pratiques, si elles étaient confirmées, pourraient nuire à la réputation du chef, qui s’est fait connaître du grand public grâce à sa participation à Top Chef et à ses établissements parisiens.
La direction conteste les accusations
Contacté par Mediapart, Pierre Sang Boyer n’a pas directement répondu à ces accusations. Mais son service de communication les qualifie de « rumeurs » et de « bruits de couloir », assurant que les cuisines sont « saines » et régulièrement contrôlées.
Aucune procédure judiciaire n’a été rendue publique pour l’instant. Les anciens employés, eux, attendent peut-être une réaction officielle ou des mesures correctives. En attendant, ces révélations pourraient inciter d’autres victimes présumées à témoigner, et peut-être déclencher une enquête interne ou externe.



