Philippines : le bilan du naufrage du ferry Trisha-Kerstin-3 s'alourdit à 52 morts
Philippines : 52 morts dans le naufrage du ferry Trisha-Kerstin-3

Philippines : le bilan du naufrage du ferry Trisha-Kerstin-3 s'alourdit à 52 morts

Le corps d'une femme, repêché mercredi 11 février par des plongeurs, porte désormais à 52 morts le bilan tragique du naufrage du ferry M/V « Trisha-Kerstin-3 », survenu à la fin du mois de janvier dernier. Ce navire transportait plus de 350 personnes lorsqu'il a sombré dans les eaux d'Isabela City, au large de Mindanao, dans le sud-ouest des Philippines.

Une surcharge suspectée comme cause principale

Lors d'une conférence de presse, Giovanni Lopez, le ministre des transports de l'archipel, a déclaré que « l'une des causes possibles du naufrage du navire est la surcharge et la surcapacité ». Il a invoqué de multiples violations des règles de sécurité, soulignant que les camions et motos à bord n'avaient pas été pesés, contrairement à ce qu'impose la loi. « Il est possible que la cargaison se soit déplacée à l'intérieur du navire », a-t-il précisé, ce qui pourrait avoir contribué à la perte d'équilibre du ferry.

Reiniel Pascual, enquêteur pour l'autorité maritime philippine, a confirmé que les passagers n'avaient reçu aucune instruction de l'équipage lorsque le navire a commencé à gîter. Cette absence de procédures d'urgence a aggravé la situation, rendant l'évacuation plus chaotique et dangereuse.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Des poursuites administratives engagées contre la compagnie

Le ministre a annoncé des poursuites administratives contre la compagnie propriétaire du ferry, Aleson Shipping Lines. Cette société avait déjà été impliquée dans un incident grave en 2023, lorsqu'un incendie sur un de ses bateaux, sur la même liaison, avait causé la mort de 31 passagers. Aquino Sajili, un avocat survivant du naufrage, a exprimé son souhait que la licence d'Aleson Shipping Lines soit « entièrement retirée », tandis que la compagnie n'a pas répondu aux sollicitations de l'Agence France-Presse (AFP).

Aquino Sajili s'attend à ce que les plongeurs, qui fouillent actuellement l'épave reposant à environ 76 mètres de profondeur, découvrent d'autres corps, ce qui pourrait encore alourdir le bilan de cette catastrophe.

Des questions de corruption soulevées

Cet accident a également soulevé des interrogations sur de possibles actes de corruption. Giovanni Lopez a indiqué que des membres des gardes-côtes et de l'autorité maritime philippine, chargés d'autoriser les navires à quitter le port, font l'objet d'une enquête. Ces allégations ajoutent une dimension inquiétante à cette tragédie, mettant en lumière des failles systémiques dans la régulation du transport maritime aux Philippines.

Une histoire marquée par des catastrophes maritimes

L'histoire des Philippines est jalonnée de catastrophes meurtrières impliquant des bateaux, essentiels pour relier ses plus de 7 000 îles. Le 21 décembre 1987, le ferry Doña-Paz était entré en collision avec un pétrolier, faisant plus de 4 300 morts, ce qui reste à ce jour le pire accident maritime en temps de paix. Plus récemment, en 2015, le Kim-Nirvana chavirait peu après son départ, causant 61 morts dans le centre des Philippines. Ce naufrage, impliquant un ferry transportant plusieurs tonnes de ciment, riz et engrais, avait vraisemblablement été provoqué par un excès de charge, rappelant tristement les circonstances du drame actuel.

Ces événements successifs soulignent l'urgence de renforcer les normes de sécurité et de surveillance dans le secteur maritime philippin, afin de prévenir de futures tragédies et de protéger les millions de personnes qui dépendent de ces liaisons vitales.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale