Une passagère traumatisée passe la nuit en garde à vue après le vol chaotique de Ryanair
Une passagère du vol Ryanair reliant Marseille à Marrakech a passé la nuit du dimanche 19 au lundi 20 avril 2026 en garde à vue, après avoir envahi le tarmac de l'aéroport Marseille-Provence. Cet incident survient dans le contexte d'un vol FR2640 particulièrement chaotique, qui a laissé 83 passagers au sol suite à des problèmes de contrôle aux frontières.
Un vol annulé et des passagers en colère
Le vol FR2640, initialement prévu pour décoller le samedi 18 avril 2026 à 22h30, a finalement pris son envol à 1h50 du matin, après de longs retards. En raison d'un engorgement au contrôle des frontières, de nombreux passagers n'ont pas pu embarquer, déclenchant une vague de frustration. Sarah, une Marseillaise d'une trentaine d'années dont le prénom a été modifié, faisait partie de la trentaine de passagers qui ont envahi le tarmac dans une tentative désespérée de bloquer l'avion.
Sarah a confié à La Provence : « On a demandé l'identité à plusieurs personnes. Les autres ont refusé. Moi, je l'ai donnée. Au final, c'est moi qui ai tout pris. » Elle dénonce une « injustice », soulignant qu'elle a été la seule à subir les conséquences légales de cette action collective.
Une nuit en garde à vue et des poursuites judiciaires
Contactée par la police aux frontières (Paf) dimanche matin pour s'expliquer, Sarah s'est rendue à l'aéroport, où elle avait réservé un nouveau vol avec Royal Air Maroc. Sur place, elle a été placée en garde à vue, subissant une fouille intégrale, des prises d'empreintes et des photos de face et de profil. Elle décrit avoir été enfermée dans une « cellule toute pourrie », une expérience qu'elle qualifie de traumatisante.
Alors que les forces de l'ordre avaient initialement confirmé qu'aucun incident n'était survenu, la Paf a finalement décidé de poursuivre Sarah. Elle est accusée d'avoir « déverrouillé le système de sécurité permettant aux autres passagers de pénétrer dans une zone aéroportuaire sécurisée, sans autorisation ». Convoquée devant le tribunal d'Aix-en-Provence en 2027, elle risque des sanctions pénales.
Les conséquences personnelles et les réactions
Sarah exprime son amertume face à cette situation : « J'ai déjà été punie. Je devais partir en vacances pour la première fois depuis des années. Au lieu de ça, j'ai perdu de l'argent, mes vacances, et je ressors de là épuisée et traumatisée. » Cet incident met en lumière les tensions entre les passagers et les compagnies aériennes en cas de perturbations, ainsi que les procédures de sécurité aéroportuaire.
L'aéroport Marseille-Provence a pointé un manque d'effectif de la police aux frontières lors de cet événement, une affirmation que la Paf a démentie. Cette divergence d'opinions ajoute à la complexité du dossier, alors que Sarah se prépare à faire face à la justice l'année prochaine.



