Plus de cinquante ans après les faits, les autorités reprennent les recherches près d’Auxerre, pendant quinze jours, pour tenter de retrouver les dépouilles de victimes du tueur en série Émile Louis. De nouvelles fouilles démarrent lundi près d’Auxerre, dans le « cimetière » du tueur en série, avec l’espoir de retrouver les dépouilles de victimes, connues voire inconnues.
Le contexte des fouilles
Le meurtrier, mort en prison à 79 ans en 2013, avait avoué avoir enterré sept jeunes handicapées mentales dans une zone de champs et de sous-bois située à Rouvray, dans l’Yonne, à environ 17 km au nord-est d’Auxerre. Habitant le village voisin de Seignelay, Émile Louis disposait d’un abri sur un terrain traversé par une petite rivière, le Serein, où il avait l’habitude de pêcher. En 2000, il avait pointé sept sites sur un périmètre d’environ 1 500 mètres sur 500, un pour chacune des victimes pour lesquelles il a été condamné à la perpétuité pour assassinat en 2006. Mais seuls deux squelettes avaient été retrouvés, les cinq autres victimes restant sans sépulture.
« On doit des corps à ces familles », a estimé Pierre Monnoir, président de l’Association de défense des handicapées de l’Yonne (ADHY) et partie civile dans l’affaire. « Toute la zone n’a pas été fouillée. On a l’espoir de retrouver, peut-être pas les cinq, mais un ou deux corps », a-t-il ajouté.
La recherche d’une huitième victime
Les recherches visent également à exhumer d’éventuels restes d’une huitième victime potentielle, Marie Jeanne Ambroisine Coussin, dont le crâne a été découvert en décembre 2018 sur le même site. Marie Coussin, née en 1935 et disparue en 1975, était une enfant de l’assistance publique, comme les sept victimes connues. Âgées de 15 à 25 ans, elles avaient presque toutes emprunté le bus scolaire conduit par Émile Louis.
« C’est très certainement une huitième victime », estime Me Didier Seban, avocat de la famille Coussin et de l’ADHY. « Et des victimes, il y en a peut-être encore d’autres » dont les restes pourraient être retrouvés, ajoute-t-il.
Un périmètre d'intervention limité
Ces nouvelles recherches sont les troisièmes en moins de deux ans, après des fouilles effectuées à l’automne 2024 puis en mai 2025. Ces dernières avaient été suspendues par le décès accidentel d’un gendarme sur les lieux. Ces deux opérations n’avaient pas été réellement concluantes, seuls des vêtements et un vélo ayant été retrouvés, sans qu’un lien ne soit établi avec les victimes, potentielles ou non.
« La rivière le Serein est capricieuse et les corps ont pu être emportés avec les eaux », reconnaît Me Didier Seban. « Mais c'est possible quand même » de retrouver des restes, estime-t-il. Ces nouvelles fouilles ne sont de plus prévues que pour « une période estimée à 15 jours », a indiqué Marie-Denise Pichonnier, procureure de la République à Auxerre, qui n'a pas voulu préciser les moyens engagés.



