Tripoli au Liban endeuillée par un nouvel effondrement d'immeuble, neuf morts
Nouvel effondrement d'immeuble à Tripoli, neuf morts

Un drame qui se répète à Tripoli

La ville de Tripoli, dans le nord du Liban, est une nouvelle fois plongée dans le deuil après l'écroulement d'un immeuble survenu dimanche. Cette catastrophe rappelle douloureusement un effondrement similaire qui avait eu lieu fin janvier, soulignant une problématique récurrente dans la région.

Un bilan humain provisoire et des recherches intensives

Le bilan actuel fait état d'au moins neuf personnes décédées, mais ce chiffre n'est malheureusement que provisoire. Les équipes de secours poursuivent activement leurs recherches dans les décombres, espérant retrouver d'éventuels survivants. Six personnes ont déjà été secourues et conduites à l'hôpital pour y recevoir des soins.

Le drame s'est produit dans le quartier défavorisé de Bab al-Tabbaneh, où les forces de sécurité ont immédiatement pris des mesures de précaution en évacuant les immeubles voisins, selon les informations fournies par l'Agence nationale d'information (ANI). Cette réaction rapide visait à prévenir tout nouvel accident dans une zone particulièrement vulnérable.

Un bâtiment ancien et surpeuplé

Le bâtiment effondré, de construction ancienne, était composé de deux blocs distincts, chacun abritant six appartements. Imad Khreish, le chef de la Défense civile, a précisé qu'environ 22 personnes se trouvaient à l'intérieur au moment de la tragédie, ce qui explique l'ampleur potentielle du bilan final.

Face à cette urgence, le président libanais Joseph Aoun a ordonné la mobilisation de tous les services d'urgence disponibles. Son bureau a indiqué que l'objectif prioritaire était de fournir un abri aux résidents de l'immeuble effondré ainsi qu'à ceux des bâtiments voisins évacués, afin de garantir leur sécurité immédiate.

Tripoli déclarée "ville sinistrée"

Le maire de Tripoli, Abdel Hamid Karimeh, a pris une décision symbolique forte en déclarant sa ville "sinistrée" en raison de l'insécurité structurelle de nombreux bâtiments. Cette annonce reflète l'état d'urgence dans lequel se trouve la municipalité, confrontée à des risques permanents pour sa population.

Le Premier ministre Nawaf Salam a quant à lui dénoncé une "catastrophe" qu'il attribue directement à de longues années de négligence accumulée dans l'entretien et la régulation du parc immobilier. Cette critique met en lumière des dysfonctionnements systémiques qui dépassent le cadre de ce seul incident.

Un contexte national alarmant

Le Liban compte effectivement de nombreux bâtiments délabrés, héritage d'une construction souvent illégale, notamment pendant la guerre civile de 1975-1990. Certains propriétaires ont ajouté des étages sans autorisation, aggravant les risques structurels.

En 2024, l'organisation Amnesty International avait déjà tiré la sonnette d'alarme en estimant que des milliers de personnes vivaient encore dans des bâtiments à risque à Tripoli, plus d'un an après le puissant séisme qui avait principalement frappé la Turquie et la Syrie en février 2023. L'ONG précisait que la crise économique persistante privait les habitants des moyens nécessaires pour financer des réparations ou se reloger dans des conditions plus sûres.

De nombreux édifices tripolitains restent considérés comme dangereux depuis ce séisme, créant une situation de vulnérabilité permanente pour une population déjà éprouvée par les difficultés économiques. Cette nouvelle tragédie souligne l'urgence de mesures structurelles pour sécuriser le parc immobilier et protéger les citoyens les plus exposés.