Une assistante maternelle du Gard Rhodanien a comparu le 1er octobre devant le tribunal correctionnel de Nîmes pour des violences ayant entraîné une incapacité supérieure à 8 jours sur deux bébés dont elle avait la garde. Les deux enfants, hospitalisés pour un hématome sous-dural, présentent des symptômes de bébé secoué. Le tribunal rendra sa décision le 22 octobre.
Des alertes entre décembre 2018 et janvier 2019
Dans cette petite ville, l'assistante maternelle, prénommée Nadine (prénom modifié), était perçue comme une professionnelle calme, douce, attentionnée et compétente. Les familles confiaient leurs enfants sans inquiétude. Mais entre décembre 2018 et janvier 2019, deux alertes ont éclaté.
En décembre, un petit garçon confié par une première famille ne bouge plus, a vomi et est épuisé. Les parents pensent à une gastro, mais la nounou leur répond : « Faut pas croire ce que les gens disent. Je l'ai pas fait tomber. La table à langer est là et je suis toujours avec lui. » En janvier 2019, une petite fille confiée par une seconde famille présente les mêmes symptômes : vomissements, fièvre, somnolence, pleurs. Elle va mieux, retourne chez la nourrice, mais son état s'aggrave de nouveau.
Un diagnostic de bébé secoué
Les parents, qui ne se connaissent pas, s'inquiètent et se déplacent en catastrophe chez leur médecin, puis au pédiatre, à l'hôpital de Bagnols-sur-Cèze, à celui de Nîmes et aux urgences pédiatriques de Montpellier. Les médecins hésitent, puis le diagnostic tombe : hématome sous-dural et symptômes du bébé secoué. La nounou est placée sur écoutes. Sa belle-fille, mère d'un petit garçon qui passait beaucoup de temps chez sa belle-mère, est un temps inquiétée par la justice.
Une audience éprouvante pour les familles
Lors de l'audience, la salle est comble. Les familles des deux enfants sont venues soutenir les parents effondrés. L'ex-assistante maternelle, qui n'exerce plus depuis son renvoi devant le tribunal, tout habillée de noir et émue, se défend à voix basse : « Quand vous savez que vous n'avez rien fait, on se sent anéanti... Il ne s'est rien passé chez moi. Il n'y a eu aucune maltraitance. » Elle conteste avoir secoué les deux bébés. Aux enquêteurs, elle a expliqué exercer son métier par passion, mais elle était fatiguée, épuisée, nerveuse et stressée depuis plusieurs mois. Elle était agréée pour la garde de 4 enfants et devait aussi s'occuper de son petit-fils.
Les parents, parties civiles, défendus par Me Pierre-François Giudicelli et une consœur, ont témoigné de leur stupeur et de leur combat pour accompagner leurs enfants dans un long parcours de soins. La procureure a requis 3 ans de prison dont deux ans assortis d'un sursis probatoire, avec une partie ferme sous bracelet électronique. Me Jean-Robert Phung, avocat de la défense, a plaidé la relaxe : « Je plaide pour une femme qui aura 50 ans, était devenue assistante maternelle par passion et était agréée pour 4 enfants. » L'ex-assistante maternelle a conclu : « Je suis moi-même une maman. Je peux comprendre... Mais je n'ai pas secoué ces enfants. » Le tribunal rendra sa décision le 22 octobre.