Un jeune cycliste de 21 ans, Alexandre, a déposé plainte au commissariat de Nîmes pour violences après avoir été, selon lui, bousculé et frappé par des policiers alors qu'il filmait la voie publique. Les faits se sont déroulés le mardi 29 septembre aux abords du lycée Mistral, en marge d'un mouvement de revendications lycéen. Il affirme que la manifestation était terminée lorsqu'il a commencé à filmer.
Un jeune homme choqué par la réaction des forces de l'ordre
Rencontré ce samedi 3 octobre, Alexandre ne cache ni son angoisse ni son incompréhension. "J'étais à vélo, il y avait des policiers, j'ai juste voulu filmer", explique-t-il. Vers 13 h 30, alors qu'il n'y avait plus d'activité ni de manifestation ou de blocus, mais "seulement des policiers", la situation se serait tendue quand il aurait commencé à filmer les fonctionnaires sur la voie publique.
Le jeune homme raconte qu'un policier "a mis un grand coup dans mon vélo et l'a fait tomber". Il ajoute avoir reçu un coup au niveau du menton et avoir été empoigné par la nuque pour être éloigné des lieux. Au final, il indique avoir fait l'objet d'un "contrôle d'identité" sans avoir commis d'infraction, au seul motif d'avoir filmé des policiers dans la rue. Son téléphone et son appareil photo sont tombés au sol et ont été endommagés lors de l'incident.
Des vidéos montrent un climat de tension
Des vidéos d'une partie de la scène ont enregistré le climat de tension. On y entend le jeune homme demander qui l'a "pris par le colback" et réclamer "le numéro d'identifiant" du policier, en vain. Un autre fonctionnaire lui aurait dit : "Prends ton vélo et va-t'en".
L'affaire a été révélée par nos confrères de Mediapart le vendredi 2 octobre. Ce samedi, Alexandre confirme s'être rendu au commissariat avec sa mère, dans un état d'angoisse, pour déposer plainte. Le service a enregistré la plainte, qui pourrait donner lieu à l'ouverture d'une enquête.
Des autorités qui nuancent les faits
Dans l'entourage des policiers, on nuance l'événement. Un syndicat de policiers a relativisé la portée de la plainte, rappelant que la zone était tendue dans un cadre de débordements. "Il s'agissait d'une zone avec une certaine tension dans un secteur de manifestation, les policiers ont demandé au jeune de partir, je crois. Il est resté sur place et a demandé le RIO (numéro d'identifiant) et les fonctionnaires lui ont demandé à plusieurs reprises de quitter le secteur".
Selon Mediapart, la procureure de la République note qu'une vidéo montre qu'il "est venu au contact des policiers placés en observation et sécurisation" puis "a été repoussé ainsi que le vélo de la ville avec lequel il se déplaçait intentionnellement au milieu du dispositif d'ordre en dépit des demandes de s'éloigner". Me Jean-François Corral, l'avocat habituel des policiers de Nîmes, a réagi ce dimanche : "Je ne connais pas le fond du dossier mais j'observe que madame la procureure de la République relève avec justesse que le plaignant s'est placé au sein d'un dispositif de sécurisation pouvant, de façon intentionnelle ou non, perturber ce dernier, et qu'il a de plus refusé de suivre les demandes des forces de l'ordre de s'en éloigner. Cela peut effectivement perturber des opérations de maintien de l'ordre qui sont déjà extrêmement sensibles".
Les autorités, contactées, n'ont pas donné suite aux sollicitations de Midi Libre. La plainte déposée pourrait conduire à l'ouverture d'une enquête, dont l'issue dépendra des éléments recueillis.