Nîmes : 1 350 manifestants, lycéens et aînés unis dans la rue
Nîmes : lycéens et aînés unis, 1 350 manifestants

Ce mardi 6 octobre, à Nîmes, la contestation lycéenne a pris une nouvelle dimension avec une marche en centre-ville qui a rassemblé entre 1 500 et 2 000 participants, selon les organisateurs, et 1 350 personnes selon le décompte précis de la police. Enseignants, délégués syndicaux, parents et même grands-parents étaient au rendez-vous pour soutenir les élèves.

Des générations unies derrière les lycéens

Aline et Odette, 71 et 69 ans, mères et grands-mères, descendent dans la rue pour la première fois de leur vie pour soutenir leur petit-fils. Les deux Nîmoises dynamiques ont rejoint le cortège qui s'est élancé devant la Maison-Carrée à 14 heures. En tête, une immense banderole proclamait : « Excusez le désordre, nous voulons changer le monde », annonçant l'état d'esprit de ces adolescents inquiets et en colère, entourés de très nombreux adultes.

Victor, élève de première au lycée Daudet, se réjouit de cette présence : « Cela fait vraiment plaisir de voir que nos préoccupations agrègent bien au-delà des lycées. Voir les adultes manifester nous permettra, peut-être, d'être bien plus pris au sérieux pour la suite ! » Maélie, 16 ans, en classe de première à Hemingway, décrit cette présence comme « abondante » : « Il y a nos profs, certains parents, aussi ! On se sent bien plus en sécurité du coup… Peut-être que aussi, cette présence d'adultes maintient au loin les éventuels casseurs », suppose la manifestante.

Des enseignants mobilisés pour les conditions de travail

Sabine Oromi, élue à la Jeunesse à la ville de Nîmes et enseignante en langue espagnole au lycée Philippe-Lamour, explique battre le pavé pour les revendications des jeunes, « ils sont parfois 35 par classe chez nous ! », mais aussi pour veiller à la sécurité dans le cortège, afin que la manifestation se déroule « sans casseur ni violences policières ». Sur l'avenue Perrier à 14 h 30, la marche pacifique, colorée par de nombreux drapeaux (syndicats, mouvements, politiques, idéologiques et pays du globe), s'apprêtait à emprunter l'avenue Carnot, en rythme. « Siamo tutti antifascisti ! », scandaient les participants de tous les âges.

Sur les pancartes, de nombreux messages anti RN et violences policières côtoient des cris d'alerte sur les conditions d'enseignement dans les lycées de la ville. Julia, remplaçante en histoire-géo à Hemingway, détaille : « En septembre, on a dû faire cours par 38 degrés en classe. C'est véridique. » Amélie, enseignante syndiquée au SNES-FSU, également à Hemingway, ajoute : « Sérieusement, sans compter ces 38 degrés insupportables, j'ai durant tout septembre dû assurer mes cours d'informatique sans aucun ordinateur en état de marche dans ma classe. »

Une fin de manifestation sans débordement

Vers 16 heures, les lycéens et adultes (qui représentaient la moitié des participants) ont rejoint les allées Feuchères, attendus devant la préfecture par un escadron de Gendarmerie mobile venu de Chambéry pour sécuriser le bâtiment public. En l'absence de débordement, une délégation de manifestants a été reçue par la préfète du Gard aux alentours de 16 heures. Le cortège s'est ensuite dispersé sans incident, comme revigoré par la réussite de cette nouvelle séquence de la mobilisation lycéenne.