Incendie à Nîmes : un homme condamné pour avoir brûlé l'appartement de son frère
Nîmes : 3 ans de prison pour l'incendiaire de la route de Beaucaire

Un homme de 47 ans a été condamné, ce vendredi 9 octobre, à trois ans d'emprisonnement ferme par le tribunal correctionnel de Nîmes pour avoir provoqué un incendie dans un immeuble route de Beaucaire, le 1er août dernier. L'homme, souffrant de schizophrénie, a reconnu les faits et a expliqué avoir ressenti le besoin de « détruire quelque chose ».

Un incendie qui aurait pu être dramatique

Les faits se sont produits vers 11 heures, route de Beaucaire. Des flammes se sont échappées d'un logement en rez-de-chaussée, et la fumée a rapidement envahi les étages supérieurs et les parties communes. Plusieurs locataires se sont retrouvés piégés dans leur appartement. « Une femme s'est réfugiée avec son enfant sur son balcon. Certains ont eu peur de mourir », a rapporté le président de l'audience. Plusieurs occupants ont exprimé leur traumatisme après cet épisode.

Grâce aux importants moyens engagés par les secours – 14 engins et 34 sapeurs-pompiers –, aucune victime n'est à déplorer. Les dégâts matériels sont toutefois considérables. Selon la représentante du syndicat de copropriété, constituée partie civile, le préjudice matériel s'élève à près de 250 000 euros. D'autres locataires, présents à l'audience, ont également demandé une indemnisation pour des cambriolages dont ils disent avoir été victimes après l'incendie. Le Sdis 30 a réclamé, de son côté, 35 000 euros pour les frais d'intervention.

Le prévenu reconnaît les faits et évoque sa maladie

Le prévenu a reconnu les faits et s'est spontanément rendu aux policiers le jour même, sous les conseils de son frère. « Je suis malade », a-t-il martelé à plusieurs reprises lors de l'audience, parfois de manière intempestive. L'expertise psychiatrique a conclu à une altération de son discernement en raison de sa schizophrénie. Hospitalisé jusqu'au 7 octobre, il a évoqué une importante angoisse liée à sa maladie. « J'ai peur de faire du mal aux gens », a-t-il expliqué.

Son frère, également présent à l'audience et constitué partie civile en raison de la destruction totale de son appartement, dont il était propriétaire, a témoigné : « Ce n'est pas quelqu'un de méchant. » Selon lui, son frère avait cessé de prendre son traitement au moment des faits, contrairement aux éléments relevés par l'expert psychiatre. « Quand il ne le prend pas, il a une tout autre personnalité. Il n'est pas violent avec nous, mais on savait que la pression montait d'un cran au moment des faits », a-t-il poursuivi. Il a indiqué avoir sollicité de l'aide auprès de la police, des services municipaux et de l'hôpital Carémeau avant le passage à l'acte, sans obtenir, selon lui, de réponse à la hauteur de la situation. Les larmes aux yeux, il s'est adressé aux autres locataires : « Je m'excuse pour lui. » Puis, à l'attention du tribunal : « On aimerait qu'il soit soigné, ça serait le mieux pour lui. » Une demande de mise sous tutelle a notamment été engagée.

Un passé judiciaire marqué par un autre incendie

Le prévenu avait déjà été condamné en 2004 pour l'incendie du domicile familial. En 2025, après de nouvelles menaces de passage à l'acte, il avait également été hospitalisé. Tout en tenant compte de l'état psychiatrique du prévenu, la procureure a pointé les conséquences de ses actes et ce qu'elle considère comme une absence de prise de conscience de leur gravité, tant à l'égard des locataires que de son frère. Elle a requis trois ans d'emprisonnement, avec maintien en détention, soulignant : « Une peine qui prend en compte l'altération du discernement. Car il n'a pas d'endroit où aller, pas de stabilisation de sa situation personnelle. Il faut mettre la société à l'abri de ses agissements. »

Me Florian Mathieu, en défense, a plaidé pour une peine plus adaptée à la fragilité de son client. « L'emprisonnement s'impose, mais dans des proportions justes et adaptées à sa fragilité. Car quand il prend son traitement, ça semble fonctionner, puisqu'il n'a pas fait parler de lui pendant 24 ans », a-t-il souligné.

La décision du tribunal

Après délibéré, le prévenu a été condamné à trois ans de prison ferme, avec maintien en détention. Un suivi sociojudiciaire pendant trois ans a également été ordonné à l'issue de sa détention, avec injonction de soins. Il doit indemniser les parties civiles et a interdiction de rentrer en contact avec elles.