L'épicerie « Little Shop », située au 34, avenue Georges-Clemenceau à Nice, près de la gare, est sous le coup d'une fermeture administrative de six mois décidée par le préfet des Alpes-Maritimes. Cette mesure, annoncée par la Ville mercredi 7 octobre, fait suite à « 89 signalements » de voisins et 71 procès-verbaux depuis le début de l'année 2026, selon le maire (UDR) Éric Ciotti. L'établissement a 48 heures pour baisser le rideau.
Des riverains soulagés par la fermeture
Jeudi 8 octobre 2026, presque midi. Un homme entre dans la petite boutique, un véritable couloir, avec des bouteilles d'alcool sur une étagère au fond, des bonbons, deux ou trois produits de première nécessité. Il demande des cigarettes sous le manteau : « Deux paquets steuplait », en tendant des billets. Le jeune homme qui tient la boutique lui rend une ribambelle de pièces : « Désolé frérot, je n'ai que ça… » Derrière la caisse, il hausse les épaules : « J'ai rien à dire… »
Les voisins, eux, ont à dire. Ils parlent discrètement, sous couvert d'anonymat. Un commerçant lâche : « C'était le bazar tous les soirs, il y avait des voitures partout toute la nuit, de l'alcool, des gens qui crient et qui pissent partout… Je ne peux pas parler vraiment mais je suis bien content qu'ils ferment. » Un autre raconte : « Ça commençait à partir de 22 heures, ils étaient je ne sais pas combien, parlaient fort, s'asseyaient sur des scooters ou squattaient les terrasses des restaurants. » Il précise : « J'ai fait plusieurs signalements à la mairie et je ne suis pas le seul, il y a eu des pétitions… »
Un sentiment d'insécurité persistant
Un vieil homme avec une canne, qui habite en face de l'épicerie, souffle : « Non, moi, ils ne me dérangent pas », avant de s'engouffrer dans l'immeuble. Une dame du quartier rectifie : « Il n'ose pas dire… Je le comprends, on est plusieurs à avoir peur… En dessous de chez moi, il y a une grand-mère terrorisée, qui n'ose plus sortir dès que la nuit tombe. »
Un autre commerçant confirme : « C'est trop bizarre, ils sont hyper nombreux. Ils se mettent sous le porche [du trottoir d'en face]. Les femmes ont peur de passer. L'autre soir, un monsieur a dû appeler la police pour pouvoir rentrer chez lui tranquillement. » Il ajoute, en hochant la tête : « Si on est venus en France, c'est pour vivre comme tout le monde. On partage cette rue, c'est convivial. À part eux, tout se passe bien. Leur attitude salit tous les immigrés, c'est pas ce qu'on veut comme image. »
Une décision administrative aux effets concrets
La fermeture administrative de six mois, notifiée mercredi, doit permettre de mettre fin à ces nuisances répétées. Les 89 signalements et 71 procès-verbaux accumulés depuis janvier 2026 ont conduit le préfet à prendre cette mesure, saluée par les riverains qui espèrent un retour au calme dans cette rue commerçante. L'épicerie devra fermer ses portes dans les 48 heures suivant la notification, laissant le quartier dans l'attente d'une amélioration durable de son cadre de vie.