Nice : des consignes pour limiter les interpellations avant la manif
Nice : consignes pour limiter les interpellations avant la manif

À la veille de la manifestation de ce mardi après-midi à Nice, la préparation des forces de l'ordre aurait inclus une consigne inhabituelle : limiter les interpellations durant la nuit de lundi à mardi. Selon plusieurs sources policières, des instructions ont été transmises oralement lundi soir aux différentes unités pour ne ramener personne en garde à vue, sauf nécessité absolue. La Direction interdépartementale de la police nationale (DIPN) dément formellement avoir donné de telles ordres.

Des consignes orales pour vider les cellules

D'après ces sources, les consignes ont été relayées lors de l'appel aux équipages niçois. Certaines situations qui auraient pu donner lieu à une interpellation se seraient ainsi soldées par un simple contrôle ou un relevé d'identité. « Ils ont demandé aux collègues de ne pas faire d'interventions dans la nuit sauf à y être obligés », rapporte un policier. « C'est assez étonnant mais c'est bien la preuve que quand ils veulent ils peuvent », ironise-t-il.

Cette décision viserait à libérer de la place dans les geôles de garde à vue, saturées par les nombreuses interpellations liées aux manifestations lycéennes de la semaine dernière. « Du coup ils ont vidé les cellules pour être opérationnels aujourd'hui », explique une source. Les consignes « à limiter les interpellations, voire à ne pas interpeller » auraient été appliquées pendant la nuit.

Un contexte de mobilisation lycéenne et étudiante

Cette opération « geôles vides » intervient alors que 28 établissements scolaires et les différents campus d'Université Côte d'Azur resteront fermés ce mardi en raison d'un blocus. La semaine dernière, 26 arrestations ont eu lieu en trois jours en marge des blocus des lycées à Antibes, illustrant l'ampleur de la mobilisation.

Par ailleurs, des incidents ont été signalés dans les lycées azuréens, avec des cours à distance perturbés par des cris racistes, des insultes et de la musique, suscitant l'émoi de la communauté enseignante. Les autorités anticipent une affluence importante pour la manifestation de ce mardi après-midi.

La police dément toute consigne officielle

Contactée, la Direction interdépartementale de la police nationale (DIPN) dément formellement que de telles consignes aient été données. Selon elle, aucune instruction de limiter les interpellations n'a été transmise aux unités. Les sources policières, elles, maintiennent leur version, évoquant une transmission orale lors de l'appel.

En attendant, les éventuels casseurs sont prévenus : la « grande maison » a anticipé les arrivées. Ils seront logés, nourris mais pas nécessairement blanchis. La manifestation de ce mardi après-midi à Nice s'annonce comme un test pour les forces de l'ordre, qui devront gérer à la fois l'affluence et la pression des consignes contradictoires.