Le naufrage tragique du Black Pearl en février 2018
Le 20 février 2018, une journée sombre a marqué la communauté maritime de l'Île d'Oléron avec le naufrage du chalutier Black Pearl. Cet événement a entraîné la mort d'un marin et la disparition d'un autre, plongeant le port de La Cotinière dans l'affliction et l'incompréhension.
Les victimes et les circonstances du drame
À bord du chalutier se trouvaient deux marins : Marc Chotard, âgé de 28 ans et dont le corps a été retrouvé flottant à la surface de l'eau, et Anthony Michel, 34 ans, porté disparu. Les recherches pour tenter de le localiser se sont poursuivies activement dans les heures suivant le naufrage.
Le Black Pearl, un petit chalutier cotinard de moins de 12 mètres, avait appareillé de La Cotinière mardi à la mi-journée. Il était spécialisé dans la pêche d'ultra-frais, ramenant des produits de la mer au quotidien. Les raisons exactes de son naufrage au large de l'estuaire de la Gironde restent inconnues, les professionnels ignorant même si le navire se dirigeait vers sa zone de travail ou s'il avait déjà commencé à pêcher.
Les conditions météorologiques et le déclenchement des secours
Au moment de l'incident, les conditions météorologiques étaient difficiles, avec des vents de Nord-Ouest soufflant entre 37 et 45 km/h et une mer forte de 2,5 à 4 mètres, selon les données transmises par la préfecture maritime.
Le Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage (Cross) d'Etel a reçu le déclenchement de la balise de détresse à 15h26. La position satellite situait le navire à environ 55 km à l'ouest de Grave et à une quarantaine de kilomètres dans le travers de La Cotinière, soit au large de l'estuaire de la Gironde.
Les opérations de recherche et de sauvetage
Les secours ont été rapidement déployés, avec l'intervention de plusieurs moyens aériens et maritimes :
- L'hélicoptère Dragon 17 de la Sécurité civile de La Rochelle, piloté par Dominique Lebert, est arrivé sur zone à 16h27. Il a observé une irisation à la surface de l'eau, indiquant la présence probable d'essence et d'huile, ainsi que des bacs à poissons et un canot de survie vide.
- Un hélicoptère Raffut FAR de l'Armée de l'air, basé à Cazaux, a pris le relais et a hélitreuillé le corps de Marc Chotard, qui n'a pu être ranimé.
- Un avion patrouilleur maritime Falcon 50 de la Marine nationale a décollé de Lorient pour appuyer les recherches aériennes.
- Sur mer, le Cross a dérouté des navires de pêche proches, la vedette de surveillance générale "Seudre" de la Douane, et les canots tout-temps de la SNSM "Patron Louis-Blanchard" de La Cotinière et "Madeleine-Dassault" du Verdon-sur-Mer.
Dominique Lebert a témoigné des recherches intensives menées dans un rayon allant jusqu'à 5 nautiques, mais la nuit tombée a compliqué les opérations, limitant la visibilité malgré l'utilisation de jumelles de vision nocturne.
Les réactions et l'impact local
Le propriétaire du bateau, Jérôme Civel, qui n'était pas à bord au moment du naufrage, a immédiatement embarqué sur le canot de la SNSM pour participer aux recherches. La communauté de La Cotinière a été profondément touchée par cette tragédie, soulignant les risques inhérents à la pêche artisanale.
Ce naufrage rappelle la vulnérabilité des petits chalutiers face aux éléments et l'importance des dispositifs de sécurité en mer. Les investigations pour comprendre les causes exactes de l'accident se sont poursuivies, mais les questions restent nombreuses pour les familles des victimes et les professionnels du secteur.



