Une mère de famille mise en examen pour meurtres après la découverte macabre de bébés congelés
La mère suspectée d'avoir placé des nouveau-nés dans un congélateur a été officiellement mise en examen pour meurtres sur mineurs. Cette femme de 50 ans, originaire d'Aillevillers-et-Lyaumont en Haute-Saône, risque désormais la réclusion criminelle à perpétuité pour ces actes particulièrement graves.
Les faits terribles révélés dans un village paisible
La mise en examen est intervenue jeudi soir, peu après la découverte macabre de deux corps de nourrissons dans un congélateur familial. Le procureur de Besançon, Cédric Logelin, a confirmé ces informations lors d'une conférence de presse tenue vendredi. La mère a été placée en détention provisoire tandis qu'aucune autre personne n'a été mise en examen dans cette affaire.
Cette quinquagénaire, mère de neuf autres enfants issus de trois pères différents, a reconnu en garde à vue avoir donné naissance aux deux bébés retrouvés dans son congélateur. Elle avait initialement été placée en garde à vue pour assassinat, mais ce chef d'accusation n'a finalement pas été retenu par le parquet.
Une dissimulation systématique des grossesses
Lors de ses auditions, la femme a décrit un processus de dissimulation particulièrement élaboré. Elle a expliqué avoir « caché ces grossesses à son entourage familial et amical » pendant plusieurs années. Pour y parvenir, elle a adopté plusieurs stratégies :
- Porter des vêtements amples pour dissimuler sa silhouette
- Inventer des explications lorsqu'on l'interrogeait sur ses prises de poids
- Accoucher seule à son domicile sans assistance médicale
Le procureur a précisé qu'elle avait « enveloppé les nouveau-nés aussitôt après l'accouchement » avant de les déposer « dans ce congélateur situé dans la buanderie du domicile », un appareil qu'elle était la seule à utiliser dans la maison familiale.
Une chronologie floue entre 2011 et 2018
La mère n'a pas pu indiquer précisément les dates de naissance des deux bébés congelés. Elle a simplement situé ces événements entre 2011, année de la naissance de son enfant précédent, et 2018, moment où elle avait repris une activité professionnelle. Cette période de sept ans correspond donc à la fenêtre temporelle pendant laquelle ces tragédies se sont produites.
Les corps des nourrissons doivent être autopsiés afin de déterminer les circonstances exactes des décès et éventuellement dater les faits de manière plus précise. Cette expertise médico-légale pourrait apporter des éclaircissements cruciaux sur cette affaire particulièrement complexe.
Un entourage sous le choc de la découverte
C'est un membre de la famille qui a découvert mardi le corps d'un nouveau-né dans l'un des congélateurs de la maison familiale. Cette découverte macabre a eu lieu après que la mère ait subitement quitté le domicile en décembre dernier, laissant derrière elle ce terrible secret.
Son compagnon, placé en garde à vue dans le cadre de l'enquête, a affirmé qu'il « ignorait totalement ces grossesses et qu'il tombait des nues » face à ces révélations. Aucune charge n'a finalement été retenue contre lui, le parquet estimant qu'il n'avait pas connaissance de ces événements.
Une famille « honorablement connue » sans antécédents
Selon les informations fournies par les autorités judiciaires, cette femme n'avait aucun antécédent judiciaire avant ces faits. La magistrate du parquet Christine de Curraize a précisé jeudi que la famille était « honorablement connue » et n'avait « pas de difficultés » apparentes dans sa vie quotidienne.
Le maire du village, Jean-Claude Tramesel, a confirmé que cette famille habitait la commune d'Aillevillers-et-Lyaumont depuis une vingtaine d'années. Cette localité de 1 500 habitants, située à la limite des Vosges, est généralement paisible. « Ce sont des gens qui ne font pas parler d'eux », a-t-il déclaré, soulignant le caractère exceptionnel de cette affaire dans cette petite communauté rurale.
Lors de ses auditions, la mère a montré des signes de remords, pleurant « très régulièrement » et se disant « désolée pour ses enfants et sa famille ». Ces éléments psychologiques pourront être pris en compte dans la suite de la procédure judiciaire qui s'annonce longue et complexe.



