Lyon : mort d'un étudiant lors d'une manifestation, le parquet évoque des témoignages significatifs
Mort d'un étudiant à Lyon : le parquet évoque des témoignages

Mort d'un étudiant lors d'une manifestation à Lyon : le parquet fait le point

Après le décès tragique de Quentin Deranque, un étudiant âgé de 23 ans, survenu lors d'un rassemblement identitaire qui protestait contre la venue de l'eurodéputée LFI Rima Hassan, le procureur de Lyon a apporté des précisions sur l'enquête ce dimanche. Plusieurs témoignages significatifs ont été collectés par les services de police, a indiqué le parquet, qui cherche désormais à identifier les auteurs directs des violences.

Une enquête pour coups mortels aggravés

Le parquet avait précédemment ouvert une enquête pour coups mortels aggravés et violences aggravées, ces dernières étant alourdies par les circonstances de réunion, l'usage d'une arme et la dissimulation du visage des agresseurs. Dans un communiqué, les autorités judiciaires ont précisé : « Les services de police ont recueilli plusieurs témoignages significatifs. L'enquête s'oriente à présent sur l'identification des auteurs directs des violences correctionnelles et criminelles. » Le procureur de Lyon doit tenir un point presse lundi à 15 heures.

Les circonstances de l'agression

Selon le collectif identitaire Némésis, Quentin aurait été agressé jeudi soir par des militants antifascistes. Il faisait partie du service d'ordre chargé d'assurer la sécurité des militantes qui manifestaient contre une conférence de Rima Hassan à Sciences Po Lyon. Pris en charge en début de soirée par les secours, il a été placé dans le coma avec un pronostic vital engagé avant de décéder samedi.

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Les circonstances du drame restent floues. Une vidéo présumée de l'agression, diffusée par TF1 et filmée depuis un immeuble, montre une dizaine de personnes portant des coups à trois individus gisant à terre, dont deux parviennent à s'échapper. Un témoin, se présentant sous le prénom d'Adem, a relaté à l'AFP : « J'étais vers chez moi, au bout de la rue, j'entends des cris, ça se frappait avec des barres en fer, etc. Quand je suis venu sur place, j'ai vu des individus en sang. D'où j'étais, si on entendait les cris jusque-là, c'est que c'était vraiment violent. » L'agression s'est produite jeudi vers 19 heures dans la rue Victor-Lagrange, une modeste allée du 7e arrondissement de Lyon.

Une tempête politique et des réactions émues

L'affaire a provoqué une tempête politique. Le président Emmanuel Macron a lancé samedi un appel « au calme, à la retenue et au respect », souhaitant que soient condamnés « les auteurs de cette ignominie ». Me Fabien Rajon, l'avocat de la famille, a qualifié les faits de crime et évoqué « un guet-apens méthodiquement préparé ».

Plusieurs candidats aux élections municipales de Lyon, prévues dans un mois, ont exprimé leur émotion et suspendu leur campagne. Alexandre Dupalais, candidat UDR-RN, a déclaré sur France 3 : « Je ne me vois pas faire campagne dans ces conditions-là. J'appelle tout le monde à prendre le temps de réaliser la gravité du moment que l'on vit ensemble. » Jean-Michel Aulas, candidat de la droite et du centre, et Anaïs Belouassa-Cherifi, candidate LFI, ont également annoncé la suspension de leur campagne pour la journée de dimanche. M. Aulas a réagi sur X : « Rien ne justifie de tuer ni de mourir pour ses idées. Rien ne justifie qu'un désaccord politique conduise à la violence. »

Le maire écologiste sortant Grégory Doucet a déploré « une tragédie » et souligné qu'un « tel déferlement de violences en plein cœur de la ville est inacceptable ».

Hommages et rassemblements

À l'église Saint-Georges, que fréquentait Quentin et où il était bénévole pour des œuvres caritatives, le recteur Laurent Spriet a appelé dimanche à « prier pour le repos de l'âme de Quentin ». Il a ajouté : « Chaque chose en son temps. Maintenant, c'est la compassion, c'est le respect, c'est la prière, c'est laisser faire la police et la justice. »

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À Paris, plusieurs dizaines de personnes se sont rassemblées dimanche après-midi devant l'université de la Sorbonne pour demander « justice pour Quentin ». Une banderole proclamant « Antifas assassins, justice pour Quentin » a été déployée, et des militants ont pris la parole pour rendre hommage à leur « camarade ». Ce rassemblement, à l'appel de groupes identitaires et nationalistes, a vu la présence d'élus et de personnalités d'extrême droite, dont Marion Maréchal et Éric Zemmour, sur une place pluvieuse où flottaient quelques drapeaux français parmi une forêt de parapluies.