Mort de Quentin Deranque : huit nouvelles interpellations, cinq mises en examen
Mort de Quentin Deranque : huit interpellations, cinq mises en examen

Huit personnes ont été interpellées mardi 22 septembre dans l'agglomération de Lyon dans le cadre de l'enquête sur la mort de Quentin Deranque, militant d'ultradroite battu à mort en février dernier. Cinq d'entre elles, dont au moins une femme, sont en cours de présentation devant les juges d'instruction du tribunal judiciaire de Lyon, a indiqué le parquet ce jeudi à l'AFP. Ces nouvelles interpellations, réalisées sous commission rogatoire des juges, s'ajoutent aux neuf militants d'ultragauche déjà mis en examen dans cette affaire.

Des suspects jugés pour violences, mais pas pour les coups mortels

Selon des sources proches de l'enquête, les huit personnes interpellées sont « soupçonnées d'avoir participé aux rixes, aux diverses violences du jour, mais pas d'avoir porté les coups mortels », a précisé l'une de ces sources à l'AFP. Cette information, initialement rapportée par un journaliste du site d'extrême droite Boulevard Voltaire, a été confirmée par les sources judiciaires.

Les cinq personnes présentées aux juges d'instruction sont suspectées de « violences sans coups mortels ». Le parquet de Lyon n'a pas donné plus de détails à ce stade. Les interpellations ont eu lieu dans le cadre de l'information judiciaire ouverte pour « meurtre, participation à une association de malfaiteurs et violences aggravées », confiée à trois juges d'instruction.

Rappel des faits : le lynchage du 12 février

Quentin Deranque, 23 ans, évoluait dans la galaxie des groupuscules de l'ultradroite lyonnaise. Le 12 février, il a été violemment frappé au sol par plusieurs personnes encagoulées, après une bagarre entre militants d'ultragauche et d'ultradroite, en marge d'une conférence de l'eurodéputée LFI Rima Hassan à Sciences Po Lyon. Il est mort deux jours plus tard, le 14 février, des suites de ses blessures.

Parmi les personnes accusées de l'avoir frappé figurent des membres du mouvement antifasciste dissous La Jeune Garde, cofondé par le député LFI Raphaël Arnault, et notamment un assistant parlementaire de l'élu. Ce dernier, mis en examen, a d'ailleurs porté plainte contre des militants d'ultradroite, selon des informations rapportées par l'AFP.

Une enquête parallèle sur les violences d'ultradroite

Le parquet de Lyon a également ouvert une enquête préliminaire sur les violences commises par des militants d'ultradroite le même jour, le 12 février. Cette enquête parallèle vise à faire la lumière sur les actions des groupes d'extrême droite lors de cette journée marquée par des affrontements.

Au total, quatorze personnes sont désormais impliquées dans cette affaire : neuf militants d'ultragauche déjà mis en examen, et cinq nouvelles personnes présentées aux juges. Les trois autres personnes interpellées ont été relâchées, selon les sources proches de l'enquête. L'instruction se poursuit sous l'autorité des trois juges d'instruction chargés du dossier, qui devront déterminer les responsabilités de chacun dans le lynchage de Quentin Deranque.