Mort de Quentin Deranque à Lyon : deux assistants du député LFI Raphaël Arnault interpellés
Mort de Quentin Deranque : deux assistants LFI interpellés

Mort de Quentin Deranque à Lyon : deux assistants du député LFI Raphaël Arnault interpellés

L'enquête sur la mort de Quentin Deranque, militant identitaire de 23 ans tué lors d'une violente rixe à Lyon, a conduit à l'interpellation de onze personnes mardi 17 février 2026. Parmi elles figurent deux assistants parlementaires du député La France insoumise (LFI) Raphaël Arnault, Jacques-Elie Favrot et Robin Michel, selon des informations confirmées par l'Agence France-Presse.

Onze interpellations dont deux collaborateurs parlementaires

Les interpellations ont eu lieu quatre jours après le décès du jeune militant royaliste, survenu dans le sillage d'une conférence de l'eurodéputée insoumise Rima Hassan à Sciences Po Lyon. Le procureur de Lyon, Thierry Dran, a indiqué que les enquêteurs ont identifié plusieurs suspects, certains étant liés à l'ultragauche, après avoir auditionné des témoins et exploité des vidéos et données de téléphonie.

Les personnes interpellées sont huit hommes et trois femmes, tous âgés d'une vingtaine d'années. Six sont soupçonnés d'avoir participé directement aux violences, tandis que trois autres sont accusés d'avoir apporté un soutien. Une source proche du dossier a précisé que d'autres interpellations pourraient suivre dans les prochains jours.

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Jacques-Elie Favrot, assistant parlementaire de Raphaël Arnault, a été cité par plusieurs témoins. La présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a suspendu ses droits d'accès au palais Bourbon. De son côté, Raphaël Arnault a annoncé sur le réseau social X avoir engagé une procédure pour mettre fin à son contrat, déclarant : « À l'enquête désormais de déterminer les responsabilités ».

Un second assistant, Robin Michel, a également été identifié parmi les gardés à vue. Arrêté en Haute-Loire avec un ancien stagiaire du député, il est soupçonné d'avoir aidé ce dernier à se soustraire aux forces de l'ordre. Certains des interpellés font l'objet de fiches S, émises par les services de renseignement pour les personnes considérées comme potentiellement dangereuses.

Tensions politiques exacerbées après le drame

La mort de Quentin Deranque a provoqué de vives tensions politiques. Lors d'une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, le Premier ministre Sébastien Lecornu a appelé LFI à « faire le ménage » dans ses rangs, ses propos et ses idées. Il a qualifié d'« abjecte » la défense insoumise, répondant à la cheffe des députés LFI Mathilde Panot qui dénonçait l'instrumentalisation du drame.

Jean-Luc Mélenchon, fondateur de LFI, a répliqué que son mouvement « n'accepte pas les leçons » de Sébastien Lecornu. Lors d'une conférence à Paris, il a déclaré que les agresseurs de Quentin Deranque s'étaient « déshonorés » en frappant le jeune militant « d'une manière qui, de toute évidence, comporte le risque d'infliger la mort ». Il a ajouté : « Quelles que soient les opinions de ses parents, rien ne justifie qu'on leur ramène leur enfant mort ».

Le déroulé des événements du 12 février

Les faits remontent au jeudi 12 février vers 17h30, lorsque sept militantes du collectif identitaire Némésis ont déployé une banderole devant Sciences Po Lyon pour protester contre la venue de Rima Hassan. Selon le procureur Thierry Dran, des amis étaient présents pour assurer leur sécurité mais n'ont pas intervenu lorsque plusieurs personnes ont tenté de décrocher la bannière. Deux militantes ont été blessées, recevant des ITT de deux et cinq jours.

Vers 18 heures, une « bataille rangée » a éclaté entre des membres de l'ultragauche et de l'ultradroite dans les rues adjacentes. De nouvelles images publiées par Le Canard Enchaîné montrent une trentaine de personnes masquées échangeant des coups dans une violente rixe au croisement du boulevard Yves Farge et de la rue Victor Lagrange dans le 7ᵉ arrondissement.

Un journaliste du Progrès présent sur les lieux a décrit la scène : « Ils étaient en ligne avec un groupe qui reculait plutôt vers les quais. Ils se battaient, n'avaient pas d'armes et étaient tous cagoulés ».

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Le groupe de Quentin Deranque a tenté de fuir, mais le jeune homme s'est retrouvé isolé avec deux autres personnes. Jetés au sol et frappés, ses compagnons ont réussi à s'échapper tandis que Quentin Deranque recevait de violents coups de poing et de pied d'au moins six agresseurs. Après leur départ, bien que conscient mais confus, il a été aidé par un ami pour rentrer. Son état s'est rapidement dégradé lors du trajet d'un kilomètre et demi, nécessitant l'intervention des secours qui l'ont transporté à l'hôpital dans le coma. Souffrant d'un grave traumatisme crânien, il est décédé samedi en fin de journée.

L'enquête se poursuit pour déterminer les responsabilités exactes dans ce drame qui a profondément ébranlé le paysage politique français et mis en lumière les violences entre groupes extrémistes.