L'avocate de la famille de Gianpiero Panichella, ce jeune chef italien de 27 ans mort à Nice le 25 juillet, réclame des réponses sur les circonstances du drame. Me Maria Margherita Viale, du barreau de Nice, intervient pour les intérêts de la mère de la victime et demande notamment la communication du bulletin d'hospitalisation du jeune homme et des résultats d'examens complémentaires.
Une autopsie qui n'exclut pas l'intervention d'un tiers
Officiellement, l'affaire figure toujours dans les dossiers du parquet de Nice pour une recherche des causes de la mort. Un rapport d'autopsie, signé le 12 août par un expert médico-légal du CHU de Nice, conclut à un traumatisme crânien compatible avec une chute de grande hauteur. Le rapport n'exclut pas que les lésions soient auto-infligées, mais juge prudent d'écarter formellement l'intervention d'un tiers par des examens complémentaires.
Du côté de la famille, l'avis d'un légiste italien conteste cette analyse. Le professeur Pietrantonio Ricci, mandaté pour étudier l'expertise française, estime que le document est incomplet, faute de résultats toxicologiques et histologiques. Selon lui, certaines blessures pourraient être compatibles avec des coups.
Des virements bancaires pendant une hospitalisation en psychiatrie
Me Viale confirme être en attente des examens toxicologiques. Elle indique qu'une plainte a été déposée contre deux personnes, un homme et une femme, qui ont été bénéficiaires de virements bancaires de la part du jeune chef de cuisine, mais dans des conditions très particulières. « Ces virements ont eu lieu alors que Gianpiero était dans un établissement hospitalier, en service psychiatrie. Si sa maman avait été empêchée de lui rendre visite, il semblerait que d'autres personnes aient pu se rendre à son chevet », explique l'avocate.
Cette hospitalisation faisait suite à un comportement curieux du jeune homme et au fait qu'il ait mis le feu à une poubelle. Interpellé, il n'avait pas pu être placé en garde à vue, mais avait été conduit dans un service psychiatrique pour que son état de santé puisse être pris en charge.
Le silence de l'hôpital et les questions sans réponse
« À ce jour, nous n'avons toujours pas pu obtenir le bulletin de santé (entrée et sortie) du fils de ma cliente. Même le médecin légiste n'a pas pu y avoir accès. Pourquoi cette absence de réponse ? », déplore Me Viale. La famille s'interroge : de quoi souffrait le jeune homme ? Pourquoi a-t-on refusé à sa famille de le voir, tout en autorisant des inconnus à s'approcher de lui alors qu'il était en état de faiblesse ? Était-il approprié de le laisser sortir le 21 juillet ? La mort est survenue seulement quatre jours plus tard.
Des témoins indiquent que la veille de son décès, le jeune homme a organisé une fête dans son appartement loué en Airbnb jusqu'à 6 heures du matin. Une question reste sans réponse : qui étaient les personnes présentes sur place ? On sait aussi que Gianpiero s'est rendu à Imperia, en Italie, pour rencontrer une tatoueuse. Il lui a confié être amoureux, lui a parlé tatouage et n'a pas semblé être dépressif.
Une mère confrontée au silence administratif
« Vous savez, le plus difficile humainement, c'est le silence que cette maman a dû affronter après l'annonce de son fils », témoigne Me Viale. Lorsque Maria De Stefano a appris la terrible nouvelle, elle a multiplié les démarches pour avoir des réponses. À plus de 1 000 kilomètres de Nice, le téléphone de l'hôpital et plus particulièrement du service de la morgue ne répondait pas. Fermé le week-end. Il lui a fallu attendre le lundi matin pour qu'une réponse soit donnée à son avocate niçoise et patienter trois semaines avant de se recueillir sur la dépouille de son enfant. Les obsèques ont marqué tout un village et ému l'Italie. Pour l'avocate de la famille, l'enquête suit son cours, « même si nous savons que les délais sont longs ».