Vadim Ermolaev, l'une des plus grandes fortunes d'Ukraine réfugiée à Monaco, a formellement démenti, dans un entretien accordé à Monaco-Matin, avoir cessé de payer une « redevance » pour les riches Ukrainiens exilés à l'étranger, une hypothèse avancée pour expliquer la tentative d'assassinat dont il a été victime le 29 juin dernier. Il affirme n'avoir « jamais eu de conflit avec personne » et accuse le renseignement militaire ukrainien (GUR) de mener une « campagne de désinformation » contre lui.
Une tentative d'assassinat au colis piégé
Le 29 juin, un colis piégé a explosé devant le domicile de Vadim Ermolaev en plein cœur de la Principauté de Monaco. La déflagration a grièvement blessé le milliardaire, sa compagne et leur fils de 13 ans. La poseuse de bombe, Anastasiia Berezovska, une Ukrainienne de 39 ans, a été rapidement identifiée grâce aux caméras de vidéosurveillance. Recherchée par Interpol, qui avait émis une notice rouge à son encontre, elle a été retrouvée exécutée de quatre balles dans la nuque le 6 juillet dans une forêt près de Kiev.
Deux hommes ont été interpellés par les autorités ukrainiennes pour l'assassinat de la poseuse de bombe : un ancien policier et un employé en fonction au sein du renseignement militaire (GUR). Le commanditaire de la tentative d'assassinat contre Vadim Ermolaev reste inconnu.
Ermolaev accuse le GUR de « faire diversion »
Dans l'interview, Vadim Ermolaev affirme être la cible d'une vaste « campagne de désinformation » pilotée, selon lui, par le GUR, qu'il accuse d'être « le bras armé » de celui ou celle qui a voulu sa mort. Alors que l'enquête a conduit à l'arrestation de deux agents liés aux services de sécurité ukrainiens, il soupçonne le GUR de chercher à « effacer l'image négative qui rejaillit sur lui ». « Au lieu de reconnaître, de dénoncer et de punir leurs employés et leurs brebis galeuses, ils préfèrent faire diversion médiatiquement pour éliminer la pression qui pèse sur leur service », soutient-il.
Il écarte également tout lien avec l'affaire des arnaques aux « call centers » de Dnipro, qui implique son fils de 36 ans. « C'est une mauvaise histoire, mais ça n'a aucun lien avec moi et ce qui m'est arrivé », insiste-t-il, soulignant ne pas connaître ses locataires dans les 100 000 m² de bureaux qu'il possède à Dnipro, gérés via des « baux toujours officiels ». Il précise : « Je n'ai jamais participé à ce business. Mon fils a une femme, trois enfants, il est adulte. Bien sûr que moi et ma femme avons pris la décision de l'aider pour qu'il ne passe pas trois ans à essayer de prouver son innocence en prison. »
La thèse de la « redevance » jugée « complètement fausse »
La dernière hypothèse évoquée dans les médias concerne une « redevance » que Vadim Ermolaev aurait cessé de payer pour les riches Ukrainiens exilés à l'étranger, une sorte de taxe pour avoir la paix alors que les hommes sont mobilisables. « C'est complètement faux, s'emporte-t-il. Il n'y a pas d'imposition des Ukrainiens à l'étranger. En premier lieu, je ne suis pas citoyen de l'Ukraine (il a acquis la nationalité chypriote en 2018, NDLR). »
Contacté par Nice-Matin, le parquet général ukrainien avait récemment confié privilégier la piste financière, sans donner davantage de détails. Vadim Ermolaev, considéré comme l'une des plus grandes fortunes d'Ukraine et magnat de l'immobilier, répond qu'aujourd'hui « il n'a plus aucune activité commerciale en Ukraine ». « Aujourd'hui, je m'occupe d'investir dans des actions et dans des obligations. Je suis actionnaire de Louis Vuitton et d'Hermès », conclut-il.



