La mobilisation lycéenne, partie d'Île-de-France il y a une quinzaine de jours, a dégénéré ce jeudi matin dans de nombreuses villes de France, provoquant d'importants dégâts dans et autour des établissements scolaires. Les revendications légitimes des lycéens s'effacent peu à peu, cachées par des dégradations commises par quelques individus souvent masqués. Un peu plus de 300 actions étaient recensées et 169 blocages comptabilisés, selon les remontées policières. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a ouvert une cellule interministérielle de crise à partir de 13 heures.
Des revendications diffuses mais deux thèmes émergent
Les revendications des lycéens sont diffuses, mais deux thèmes émergent : le manque de professeurs et des emplois du temps trop chargés. La mobilisation s'étend peu à peu, gagnant la plupart des grandes villes françaises, et pas seulement. Profitants des rassemblements spontanés, des casseurs en ont profité pour tenter de semer le chaos.
Incendies à Nantes et un adolescent prend feu
À Nantes, les images sont impressionnantes. Au moins deux établissements ont été incendiés. La façade en bois du lycée Mandela a notamment été ravagée par les flammes, occasionnant d'importants dégâts mais sans faire de blessés. La façade du lycée privé de Talensac aurait également été incendiée, et le lycée Michelet aurait également été visé. D'après des images de l'agence AB Nantes, un adolescent aurait également pris feu aux abords du lycée La Joliverie.
Marseille : un pompier blessé, un véhicule incendié
À Marseille, d'importants feux ont également été allumés. Les pompiers recensent quarante interventions depuis ce matin pour des feux de détritus à proximité d'établissements scolaires. Aux abords du lycée Saint-Exupéry (dans les quartiers nord), le portail a été incendié. Arrivés sur les lieux, les pompiers ont été encerclés « par des centaines de jeunes » et ont quitté les lieux, rapporte la préfecture de police. Le véhicule a été incendié et un marin-pompier a été légèrement blessé. Par ailleurs, une quarantaine d'interpellations ont eu lieu dans le département depuis ce matin selon la préfecture de police. Des affrontements ont éclaté dans toute la France, sur fond de contestation de la part de lycéens. Les forces de l'ordre ont dû faire usage de gaz lacrymogènes, comme ici à Brest. Des proviseurs du lycée Victor Hugo ont été éclaboussés d'essence quand des individus en versaient dans des conteneurs.
Bordeaux : des panaches de fumée dans la ville
À Bordeaux, plusieurs feux étaient visibles dans la ville. D'après Ici Gironde, un feu a détruit l'entrée du lycée Mauriac. Des montagnes de poubelles ont également été dressées devant le lycée Montaigne, empêchant l'accès des élèves. Des tirs de lacrymogènes ont été réalisés par les forces de l'ordre aux abords du lycée Gustave Eiffel.
Proviseurs blessés à Rouen
D'importantes dégradations ont été commises dans le lycée Blaise-Pascal à Rouen. D'après Paris-Normandie, deux proviseurs auraient été victimes de violences dans le département de Seine-Maritime. À Nantes, la façade et le hall du lycée Nelson Mandela ont été ravagés par les flammes.
Rennes : le canon à eau déployé
En proie à des débordements depuis le début de la semaine, Rennes a de nouveau été le théâtre de dégradations ce jeudi matin. Le canon à eau a même été déployé devant les lycées Bréquigny et Joliot-Curie. « Des casseurs se sont introduits dans certains établissements, notamment les Lycées Charles Tillon et Bréquigny, commettant de nombreuses dégradations tant sur les bâtiments que sur le matériel pédagogique ou sur les véhicules des enseignants et du personnel technique », déplore la préfecture.
Strasbourg : tramway interrompu, heurts en région
Le préfet du Bas-Rhin a interrompu la circulation des tramways à Strasbourg « afin de limiter les mouvements des casseurs et manifestants », alors que des dégradations ont été commises devant plusieurs lycées de la capitale alsacienne. À Toulouse, des manifestants ont également perturbé la circulation des transports en commun en circulant sur les voies. Les grandes métropoles ne sont pas les seules concernées par ces dégradations. À Pamiers et à Ferrières, en Ariège, des heurts ont éclaté aux abords de deux lycées. « Les manifestants, dont certains dissimulent leurs visages, ont mis le feu à des containers poubelles, tiré des mortiers et caillassé les forces de l'ordre », regrette la préfecture. En Charente, cinq individus ont été interpellés dans le cadre de violences contre les forces de l'ordre. Deux policiers ont été légèrement blessés, précise la préfecture. À La Rochelle, un bus a notamment été détruit par des manifestants.