Millau : l'armement de la police municipale divise le conseil
Millau : l'armement de la police municipale divise

Le conseil municipal de Millau a été le théâtre d'un vif échange sur l'armement de la police municipale. Les dépenses liées à cette décision, déjà actée, ont relancé les critiques de l'opposition. Le coût total s'élève à 34 000 euros, une somme jugée excessive par les opposants qui contestent autant le choix que la méthode.

Des dépenses contestées par l'opposition

La Ville de Millau a voté des sommes importantes pour équiper ses agents de pistolets de 9 mm. Le détail des dépenses comprend 12 150 euros pour la formation des agents, 5 000 euros pour un complément d'expertise psychologique, 2 880 euros pour les expertises psychologiques, 10 500 euros pour l'équipement et 3 705 euros pour renforcer l'alarme du poste de police municipale. Au total, près de 34 000 euros ont été engagés.

Emmanuelle Gazel, ancienne maire et membre de l'opposition, a déploré cette somme qui aurait pu être employée ailleurs. Selon elle, l'armement n'est pas justifié par la situation locale. « Ce choix aurait dû se fonder sur des faits, sur des chiffres, sur une évaluation rationnelle », a-t-elle estimé, ajoutant qu'elle aurait préféré voir ces moyens consacrés à la prévention et aux actions en direction des jeunes.

La responsabilité des élus en question

Dalila Belaid-Artis, également dans l'opposition, a critiqué la méthode employée. « Tous les conseillers municipaux qui sont autour de cette table, prenez bien conscience que vous avez une responsabilité », a-t-elle lancé, dénonçant une décision qui engage la collectivité sans avoir fait l'objet d'un véritable débat politique préalable.

Le maire Christophe Saint-Pierre a répondu en se montrant « intransigeant ». Il a assumé pleinement ce choix : « On ne met pas d'armes en face de la population, on donne des moyens à nos propres agents d'assurer leur propre sécurité ». Il a également affirmé que les missions de prévention et de proximité demeurent inchangées.

Une contestation limitée dans la rue

Le 18 septembre, une trentaine de personnes, appelées par la Coordination contre les extrêmes droites Sud-Aveyron, s'étaient rassemblées devant l'hôtel de ville pour dénoncer cette décision. Cette mobilisation est restée faible, mais le débat se poursuit désormais sur le terrain politique.

Pour la majorité, l'armement relève de la protection des agents et de la sécurité de la population. Pour l'opposition, il pose la question de la nécessité de l'armement, de son coût et de la priorité donnée à la prévention. La décision étant déjà actée, ce sont désormais ses modalités et ses conséquences qui alimentent la controverse.