Meurtre à L'Élite : un client témoigne, "ils ont tiré en pensant que c'était moi"
Meurtre à L'Élite : un client témoigne, "ils ont tiré en pensant que c'était moi"

Le 15 août dernier, Issam F., 18 ans, a été tué d'une balle perdue en pleine tête sur le parking de la boîte de nuit L'Élite à Montpellier. Un homme de 30 ans, résidant à Cannes, était présent cette nuit-là. Il affirme que les tireurs ont confondu Issam avec lui. Dans un témoignage anonyme recueilli par Midi Libre, il explique avoir été menacé par le gérant de l'établissement plus tôt dans la soirée.

Une soirée qui tourne au cauchemar

Ce Cannois de 30 ans, qui souhaite rester anonyme par peur de représailles, raconte qu'il s'est disputé avec le gérant de la boîte de nuit L'Élite le jour du drame. "J'habite Cannes. C'est la première fois que je mettais les pieds à Montpellier", explique-t-il. Il avait vu une annonce de l'établissement sur TikTok et avait décidé d'y aller avec des amis.

Dès le début de la soirée, l'accueil laisse à désirer selon lui. "On m'a demandé 500 € pour une table VIP", précise-t-il. "La soirée commence à 1 heure et finit à 6 heures, ça représente quand même une somme." Il s'attendait à être placé à l'étage, dans le coin réservé aux VIP. Au lieu de cela, il a été installé à l'entrée, dos à la salle, "comme si j'étais puni".

Menaces et agression

La situation s'est dégradée en fin de soirée. "On nous a dit sans aucun tact qu'il fallait quitter les lieux alors qu'il y avait encore beaucoup de monde", raconte le client. Il a alors fait part de son mécontentement au gérant. La réponse a été immédiate : "Bouge maintenant sinon je vais te tirer dessus", lui aurait lancé le gérant.

Les videurs ont ensuite expulsé le groupe. "On a voulu regagner notre voiture mais quand on est arrivés à proximité, on a été frappés à la tête, par-derrière", témoigne-t-il. Son ami avait le visage et les vêtements plein de sang. Lui-même est tombé au sol et a perdu connaissance. "C'est là que j'ai entendu des coups de feu", ajoute-t-il.

Une tentative d'incendie deux jours avant

Deux jours avant le drame, dans la nuit du 12 au 13 août, la boîte de nuit L'Élite a été la cible d'une tentative d'incendie. Selon les informations de Midi Libre, vers 1 heure du matin, une voiture est arrivée en trombe sur le parking. Trois individus ont déversé de l'essence devant la porte d'entrée, mais des agents de sécurité sont intervenus et les ont chassés. Aucun dégât n'est à déplorer.

En revanche, le 4 avril 2024, l'établissement, qui s'appelait alors Le Mirage, avait été ravagé par les flammes à la suite d'un incendie criminel. Cette nuit-là, deux individus encagoulés et armés avaient fait irruption dans ce bar à chicha, menacé les personnes présentes, puis aspergé l'intérieur d'essence avant de mettre le feu.

Le témoin persuade que la victime était visée à sa place

Le Cannois de 30 ans n'a pas vu qui a tiré. "J'ai un trou noir, je ne sais pas", dit-il. Mais il est persuadé que les tireurs visaient sa personne. "Je suis persuadé qu'ils ont tiré sur le jeune Issam en pensant que c'était moi", affirme-t-il. Il souligne que sa voiture a été dégradée : la trappe du réservoir d'essence a été cassée et toute la partie latérale a été rayée. "Ça prouve que c'est moi qui étais visé", ajoute-t-il.

Il a déposé plainte contre le gérant et son entourage. L'auteur présumé des tirs, un Narbonnais de 29 ans, s'est constitué prisonnier cinq jours après le drame et a été écroué. L'enquête se poursuit sous commission rogatoire.