Le site d'investigation Mediapart a dénoncé mardi la « violence sidérante » du Rassemblement national (RN) et « les propos menaçants d'une grande gravité » de Marine Le Pen, en réaction à la publication d'une enquête accusant Jordan Bardella d'avoir tenu des propos antisémites. La co-directrice éditoriale de Mediapart, Lénaïg Bredoux, a répondu dans un article publié sur le site, après les attaques verbales du parti d'extrême droite.
Des menaces explicites de Marine Le Pen
Jordan Bardella a évoqué mardi « les prémices d'une guerre totale » contre le RN ainsi que le risque d'une « tentative de déstabilisation de la campagne présidentielle ». Dans la foulée, Marine Le Pen a déclaré : « Maintenant, c'est à Mediapart, je crois, qu'il va falloir dire d'enfiler son costard en Kevlar parce qu'il y aura évidemment une réponse à la manière dont ils se comportent. »
Ces propos ont suscité une réaction immédiate de la députée écologiste Léa Balage El Mariky, qui a annoncé sur le réseau social X saisir le procureur de la République : « Le Kevlar, c'est la matière des gilets pare-balles. Je saisis (...) pour ces propos qui ressemblent à des menaces de mort. »
Mediapart défend la liberté de la presse
Dans sa réponse, Lénaïg Bredoux a souligné que « attaquer » la presse, « c'est s'en prendre à une liberté fondamentale et à un pilier de la démocratie ». Elle a également rappelé que « ces attaques n'ont rien de nouveau. Régulièrement, le RN bannit des médias de ses événements ; attaque les journaux ; s'en prend à des reporters locaux. »
La co-directrice éditoriale a également fourni des chiffres pour illustrer le bilan de Mediapart : « Depuis sa création en 2008, Mediapart a publié environ 7 700 enquêtes. Des plaintes en diffamation ont conduit à environ 350 procédures pénales : nous n'avons été condamnés que cinq fois définitivement, la dernière pour un article paru en 2013 », et « aucune de ces condamnations » n'a concerné des articles sur l'extrême droite.
Une plainte en diffamation de Jordan Bardella
Cette escalade verbale fait suite à la publication, lundi, d'un article de Mediapart attribuant à Jordan Bardella des propos antisémites datant de 2013, alors qu'il était un jeune adhérent du parti. Le président du RN a annoncé « une plainte en diffamation » contre le site d'investigation.
L'affaire intervient en pleine campagne présidentielle, et les accusations portées par Mediapart pourraient avoir des répercussions sur la stratégie de communication du RN. La plainte en diffamation de Jordan Bardella sera examinée par la justice, tandis que la saisine du procureur par la députée écologiste concernant les propos de Marine Le Pen pourrait également donner lieu à une enquête.