Deux mois après l'effondrement d'un immeuble rue d'Aubagne, dans le quartier de Noailles à Marseille, les habitants demandent des comptes aux autorités. Ils dénoncent un manque de réactivité et réclament des mesures concrètes pour prévenir de nouvelles tragédies.
Un drame qui ravive les souvenirs
Le 28 juin dernier, un immeuble s'est effondré rue d'Aubagne, faisant plusieurs blessés. Cet événement a rappelé la tragédie de 2018, où deux immeubles s'étaient effondrés dans la même rue, causant la mort de huit personnes. Pour les habitants du quartier, la situation n'a pas suffisamment évolué depuis.
« On a l'impression que rien n'a changé, témoigne une habitante du quartier. Les immeubles menacent toujours de tomber, et on attend toujours des solutions. » Selon les associations de riverains, des dizaines de bâtiments restent en péril dans le secteur.
Un collectif se mobilise
Un collectif de riverains s'est formé après le dernier effondrement. Il a organisé une réunion publique le 28 août pour faire le point sur la situation. Les participants ont exigé un audit complet des immeubles du quartier et la création d'un fonds d'urgence pour les relogements.
« Nous ne voulons plus de promesses, mais des actes, insiste un porte-parole du collectif. Nous demandons à la mairie et à la métropole de prendre leurs responsabilités. » Le collectif a également interpellé le préfet de région pour obtenir un état des lieux précis des arrêtés de péril.
Des réponses encore insuffisantes
La mairie de Marseille affirme avoir renforcé les inspections et accéléré les travaux de sécurisation. Cependant, les habitants jugent ces mesures insuffisantes. Selon eux, les relogements provisoires sont trop lents et les indemnisations ne couvrent pas toujours les pertes.
« Nous avons besoin de garanties sur le long terme, ajoute un autre membre du collectif. Ces effondrements sont des bombes à retardement. » Le collectif prévoit de nouvelles actions dans les prochaines semaines, notamment une manifestation devant la mairie.
Un problème structurel
Pour les spécialistes, ces effondrements révèlent un problème structurel de l'habitat marseillais. De nombreux immeubles anciens, construits au XIXe siècle, sont mal entretenus et présentent des risques importants. Le manque de moyens des copropriétés et la spéculation immobilière aggravent la situation.
Les associations appellent à une véritable politique de rénovation urbaine, avec des financements dédiés. « Il faut un plan Marshall pour Noailles, conclut le porte-parole. Sinon, nous assisterons à d'autres drames. » En attendant, les habitants restent vigilants et continuent de surveiller les bâtiments menaçants.



