Manifestation d'extrême droite autorisée à Lyon : hommage à Quentin Deranque sous haute surveillance
Manifestation d'extrême droite autorisée à Lyon pour Quentin Deranque

Une marche d'extrême droite autorisée à Lyon en hommage à Quentin Deranque

Une « marche d'hommage » à Quentin Deranque, militant identitaire décédé après une agression à Lyon, se tiendra samedi dans la capitale des Gaules. La préfecture du Rhône a autorisé cet événement, prévu pour rassembler entre 2000 et 3000 participants, selon les estimations des organisateurs et des autorités. Un dispositif policier renforcé sera déployé pour encadrer la manifestation, qualifiée de « haut niveau » en termes de sécurité.

Les détails de l'organisation et les réactions politiques

La marche partira de la place Jean-Jaurès pour se rendre aux lieux de l'agression, une rue résidentielle près d'une voie ferrée où Quentin Deranque a été violemment attaqué par des individus masqués le 12 février, succombant à ses blessures trois jours plus tard. Aliette Espieux, coorganisatrice de l'événement, a affirmé à l'AFP que la manifestation n'a pas pour but « d'en découdre » ou de mener « une campagne électorale », mais simplement de rendre hommage.

Cependant, cette initiative suscite de vives controverses. La famille de Quentin Deranque a appelé au calme et indiqué qu'elle ne participera pas à la marche, souhaitant qu'elle reste « sans expression politique ». Pourtant, Aliette Espieux est une militante d'extrême droite anti-IVG, mariée à Eliot Bertin, leader néonazi du groupuscule Lyon populaire, dissous pour apologie de la collaboration avec le nazisme et provocation à la haine.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Les craintes et oppositions à la manifestation

Des associations de gauche et écologistes redoutent des dégradations et des violences pendant l'événement. Des tracts circulent dans le 7e arrondissement de Lyon pour avertir les habitants et commerçants, incitant à éviter certains quartiers. Plusieurs bars associatifs, locaux de syndicats et librairies prévoient de fermer leurs portes samedi par mesure de précaution.

Manuel Bompard, coordinateur de La France insoumise, a demandé l'interdiction de la marche, la qualifiant de « véritable démonstration fasciste » et de « menace pour les habitants ». Il a évoqué sur X la présence annoncée de « plus de 1000 néonazis de toute l'Europe » avec une « volonté de vengeance mortifère ». En revanche, Jordan Bardella, président du Rassemblement national, a recommandé à ses cadres de ne pas participer à ces rassemblements, estimant que les organisateurs sont « multiples, incertains » et que la famille n'en est pas à l'initiative.

La dimension internationale et les implications sécuritaires

Selon des sources policières citées par Franceinfo, des militants d'extrême droite venus d'Italie, de Belgique, d'Allemagne et d'autres pays européens pourraient être présents. En Italie, des appels à se rendre à Lyon ont été lancés par des figures comme Logan Djian, ancien chef du GUD à Lyon, et relayés par le mouvement néofasciste CasaPound. Des hommages à Quentin Deranque ont également été rendus en Hongrie et en Grèce, soulignant la portée transnationale de cet événement.

Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez n'a pas opposé son veto à la manifestation, affirmant sur RTL que « la liberté est plus importante que l'inquiétude ». Cette décision intervient dans un contexte tendu, où Lyon est devenu un terrain d'affrontements récurrents entre l'extrême droite et les antifas, exacerbé par la mort récente de Quentin Deranque.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale