Le tribunal judiciaire de Grasse a condamné Haikel Zorgui, 46 ans, à 4 ans de prison dont un avec sursis probatoire pour des violences aggravées commises dans la nuit du 14 au 15 juin dernier à Mandelieu. L'homme avait blessé deux jeunes hommes à coups de couteau lors d'une querelle de voisinage survenue vers 1h15 du matin, boulevard Janvier Passero, près de la résidence Les Jardins de la Sumerie.
Une dispute nocturne qui dégénère
Ce soir-là, quatre jeunes gens, deux couples, rentrent de soirée. Les deux garçons ont consommé de l'alcool, laissant le volant de la Tesla à une petite amie, abstinente. Ils se garent à proximité de l'immeuble où l'un d'eux habite. Les adieux après une soirée bien arrosée, accompagnés d'un volume sonore excessif de la radio de bord, auraient été trop bruyants pour le voisin, dont le domicile est situé en rez-de-jardin, séparé du trottoir par une haie.
Excédé par le vacarme, Haikel Zorgui débarque torse nu, un couteau dans une poche, par le portillon d'accès. Il se plaint du bruit auprès des jeunes, se montrant de plus en plus menaçant. Ceux-ci lui présentent des excuses : « On s'en va, on ne va pas se battre avec toi qui pourrais être notre père ! »
Un prévenu qui invoque la peur et l'alcool
Lors de son procès, Haikel Zorgui, de nationalité tunisienne, a justifié son comportement : « C'est vrai j'ai bu, mais je bosse toute la semaine, j'ai un travail qui n'est pas facile ». Il affichait un taux de 0,78 mg d'alcool par litre d'air expiré, après « un bon repas ». Il a également déclaré : « J'ai eu peur, j'ai fait cela pour me protéger ! »
Le ton est monté immédiatement et les trois hommes se sont empoignés dans une lutte inégale. Les victimes, deux jeunes hommes, ont été lacérées. Les photos de leurs blessures, projetées à l'audience, montrent des plaies aux larges bords de plusieurs centimètres, à la nuque et dans le dos, nécessitant une quinzaine de points de sutures chacune. Les ITT (incapacités totales de travail) ont été fixées à 7 et 10 jours.
Des victimes traumatisées et des avocats qui contestent
Une des jeunes femmes présentes à l'audience a témoigné de la violence de la scène : « On était dans un dialogue de sourd. Je ne parle pas aux femmes, fermez vos gueules voilà ce qu'il nous criait. Je compressais la plaie, je sentais le sang filer entre mes doigts, je les ai vus mourir ! »
Les avocats de la partie civile, Mes Lauriane Ciais et Cathy Guittard, contestent « un échange verbal inadapté ». Elles soulignent que des insultes auraient été proférées de part et d'autre, mais insistent : « Mais ce sont eux qui ont frôlé la mort. »
Le procureur a indiqué « que le prévenu a vite peur, mais n'a pas une appréciation du danger objective », avançant l'hypothèse d'une légitime défense disproportionnée pour un individu potentiellement dangereux. Il a requis 3 ans de prison dont 2 avec sursis probatoire. La défense, représentée par Me Charlène Vela-Malagoli, a plaidé : « On s'est emballé, on est pas dans un acte de violence gratuit ».
La décision du tribunal
Dans son délibéré, le tribunal a condamné Haikel Zorgui à 4 ans de prison dont un avec sursis probatoire. Il devra également indemniser ses victimes. Cette condamnation marque la fin d'une affaire qui a provoqué une vive émotion parmi les riverains de la résidence Les Jardins de la Sumerie.