Maëlle, 16 ans, figure du blocus des lycéens à Montpellier, prévient : « On n’arrêtera pas »
Maëlle, 16 ans, figure du blocus lycéen à Montpellier

Maëlle, 16 ans, élève en terminale au lycée Georges Clemenceau à Montpellier, est l’une des figures du mouvement lycéen qui secoue la ville. Bien qu’elle ait longtemps préféré rester dans l’ombre pour mettre les revendications au premier plan, elle s’exprime aujourd’hui avec une détermination affirmée : « On bloquera tant qu’on n’aura eu de réponses à nos revendications. »

Un engagement né lors des mobilisations de septembre 2025

Maëlle explique avoir « toujours eu une conscience politique », mais son engagement concret a débuté lors des mouvements lycéens des 10 et 18 septembre 2025. « On partait de rien, alors il a fallu qu’on s’organise, qu’on crée nos groupes sur les réseaux sociaux, qu’on élise des représentants pour discuter avec les différents interlocuteurs », raconte-t-elle.

Le mouvement actuel, initié par le lycée Saint-Exupéry à Créteil, est d’une « tout autre ampleur » selon elle. Les revendications portées par les lycéens sont claires : remplacement systématique des professeurs absents, présence suffisante d’AESH et de psychologues, et moyens pour remettre en état les établissements scolaires.

Des conditions de scolarité dénoncées

L’adolescente dénonce des conditions de scolarité parfois indignes. « En été, il fait très chaud dans des classes où on peut être jusqu’à 41 par salle, certains sont obligés de suivre le cours par terre », témoigne-t-elle. En hiver, la situation n’est pas meilleure : « certains chauffages dysfonctionnent, il y a des portes qui ne ferment pas ». Elle élargit le propos à d’autres établissements : « Je connais des internes à Montpellier qui n’ont que deux douches fonctionnelles sur 50, c’est ahurissant. »

Maëlle reconnaît qu’il y a eu des violences et dégradations de la part de certains jeunes, « souvent extérieurs au lycée ». Mais elle déplore « que cela prenne une telle ampleur médiatique », pour au final « discréditer la cause ». « Parfois on entend que nos revendications ne sont pas légitimes parce qu’on utilise la violence, regrette-t-elle, c’est une manière de nous invisibiliser. »

Une réponse policière jugée violente

Sa vision de la lutte est « pacifique », mais elle constate que « la réponse policière ne l’est pas toujours ». « Il y a eu des arrestations très violentes, y compris à Clemenceau, je pense que c’est pour nous faire peur, mais on n’a pas peur et on n’arrêtera pas tant qu’on n’aura pas été entendus », prévient-elle.

Les discussions avec les autorités n’ont pour l’instant pas abouti. « À ce stade, on a été reçus deux fois au rectorat avec des représentants d’autres lycées, et mercredi matin nous avons eu une visio avec la région », souligne Maëlle. Mais les réponses ne sont « pas du tout satisfaisantes », ajoute-t-elle : « Ils font comme s’ils nous écoutaient, mais pour eux ce sont des problèmes minimes. »

Une « semaine noire » annoncée

Face à cette situation, le mouvement compte s’intensifier. « On prévoit une semaine noire », assure la lycéenne, « ce n’est pas parce qu’on a eu des rendez-vous qui n’ont rien donné qu’on va s’arrêter là ». Elle annonce également des réunions avec les syndicats, « qui ont des revendications depuis bien longtemps ».

« Notre mouvement est lycéen, mais on a besoin de l’aide du peuple et tout le monde doit se sentir concerné. Les lycéens sont l’avenir de la France, c’est ça qui est en jeu », conclut Maëlle, déterminée à poursuivre la mobilisation jusqu’à obtenir des réponses concrètes à leurs revendications.