Maison-Blanche : CNN, MSNBC et Politico retrouvent leur accès
Maison-Blanche : CNN, MSNBC et Politico retrouvent l'accès

Les journalistes de CNN, MSNBC et Politico ont de nouveau été admis à la Maison-Blanche jeudi à la mi-journée, en vertu d'une décision de justice ordonnant le rétablissement de l'accès de ces trois médias, six jours après sa révocation par Donald Trump. Les deux chaînes et le média en ligne avaient auparavant réclamé une audience judiciaire en urgence pour contraindre la Maison-Blanche à respecter cette décision d'un magistrat fédéral de Washington, Timothy Kelly, accusant le gouvernement de la violer en refoulant en début de matinée leurs journalistes.

Une décision de justice en faveur des médias

Le juge Kelly, qui avait ordonné tôt jeudi le rétablissement de leur accès à la Maison-Blanche, avait donné au gouvernement jusqu'à 12h30 locales pour répondre à cette demande. Mais la Maison-Blanche s'est exécutée avant cette échéance. « Bon retour ! », ont lancé à la journaliste de CNN Betsy Klein plusieurs de ses collègues lors de son premier direct depuis sa réadmission à la Maison-Blanche.

Le juge Kelly a conclu dans sa décision que les droits des journalistes n'avaient pas été respectés, cette sanction leur ayant été infligée sans préavis. Il a en conséquence exigé que le gouvernement leur restitue immédiatement leurs « badges d'accréditation » jusqu'à nouvel ordre ou à l'expiration de son ordonnance d'une durée de deux semaines. Jeudi soir, CNN a pourtant annoncé que deux de ses journalistes s'étaient vus refuser l'accès à la Maison-Blanche pour couvrir le dîner d'État donné en l'honneur du président chinois Xi Jinping. Un caméraman et un technicien du son de la chaîne ont toutefois pu entrer.

Une exclusion motivée par la couverture jugée négative

Donald Trump avait créé la surprise en annonçant le 18 septembre bloquer « avec effet immédiat » les accès à la Maison-Blanche de CNN, MSNBC et Politico, les accusant de relayer de « fausses informations ». Mais ces derniers ont saisi la justice, en dénonçant une atteinte « directe au Premier amendement » de la Constitution américaine qui garantit la liberté de la presse.

Lors d'une audience de moins mercredi, le représentant du gouvernement, Michael Velchik, avait exhorté le juge Kelly à ne pas statuer avant vendredi soir, échéance fixée aux médias bannis pour contester leur exclusion dans des lettres adressées par le service de presse de la Maison-Blanche. Dans ces lettres, CNN, MSNBC et Politico se voient en particulier reprocher leurs informations des derniers mois sur la pénurie de munitions des forces armées américaines du fait de la guerre contre l'Iran, contestée par Donald Trump mais confirmée mi-septembre par un rapport du Pentagone.

Mais le juge Kelly a balayé les arguments de sécurité nationale invoqués par le gouvernement, qualifiés par l'avocat des médias de justifications a posteriori de la décision de Donald Trump. « Rien dans le dossier n'indique que la révocation des badges ait été motivée par des préoccupations de sécurité nationale », écrit-il, relevant que lors de son annonce d'exclusion de ces trois médias, le président Trump « s'est concentré sur leur prétendu manque de véracité et leur couverture jugée négative ».