Un maire RN retire les drapeaux européen et ukrainien : que dit la loi ?
Maire RN retire drapeaux européen et ukrainien : légal ?

Un maire RN retire les drapeaux européen et ukrainien de sa mairie

À peine élu, Anthony Garénaux-Glinkowski, le nouveau maire de Harnes dans le Pas-de-Calais, a pris une décision symbolique forte. Étiqueté Rassemblement National, l'édile a ordonné le retrait des drapeaux européen et ukrainien qui flottaient devant l'hôtel de ville. Pour lui, "il n'existe qu'un seul drapeau, le drapeau tricolore bleu-blanc-rouge".

Une position souverainiste assumée

Interrogé par nos confrères de La Voix du Nord, le maire a justifié sa décision par ses convictions politiques. "Étant souverainiste, je considère qu'un seul drapeau doit flotter sur les bâtiments publics", a-t-il déclaré. Concernant le drapeau ukrainien, il estime que la commune aura "d'autres occasions d'affirmer son soutien" à l'Ukraine.

Quant au drapeau européen, Anthony Garénaux-Glinkowski rappelle son opposition historique à l'Union européenne, une position qu'il partage selon lui avec une majorité d'Harnésiens. "Harnes a très majoritairement voté contre la ratification de la Constitution européenne en 2005", précise-t-il, citant le chiffre de 78,95% des votants opposés à cette ratification.

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Ce que dit la loi sur le pavoisement

Cette décision de retirer les drapeaux est-elle légale ? Selon les experts juridiques consultés, la réponse est affirmative. Comme l'explique l'avocat Stanislas François sur le site du Village de la Justice, en matière de pavoisement, l'obligation ne concerne en principe que le seul drapeau national.

Le drapeau européen n'est présent sur les édifices publics que par usage et tradition, sauf le 9 mai, journée de l'Europe, où son installation devient obligatoire. Pour le drapeau ukrainien, une décision de justice de décembre 2024 du tribunal administratif de Versailles a établi que son installation sur un bâtiment public "n'est pas une revendication politique mais un symbole de solidarité envers une nation victime d'une agression".

Ainsi, ni l'installation ni le retrait de ces drapeaux ne posent de problème légal. Le maire de Harnes agit donc parfaitement dans le cadre de la loi, même si sa décision revêt une dimension politique et symbolique importante.

Un contexte national sensible

Cette affaire s'inscrit dans un contexte national où la question du pavoisement des bâtiments publics fait régulièrement débat. Récemment, plusieurs municipalités ont pris des décisions similaires ou opposées :

  • Retrait du drapeau européen de l'Arc de Triomphe, qualifié de "victoire patriotique" par Marine Le Pen
  • Hissage du drapeau ukrainien à Frontignan pour afficher un soutien à l'Ukraine
  • Installation du drapeau palestinien sur le parvis de l'Hôtel de Ville de Montpellier par des élus écologistes

Chacune de ces décisions, bien que légales, témoigne des clivages politiques qui traversent la société française sur les questions de souveraineté, de solidarité internationale et de symboles nationaux.

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