Lycéens : « nette décélération » du mouvement, au moins 30 millions d’euros de dégâts
Lycéens : nette décélération, 30 M€ de dégâts

Le mouvement des lycéens connaît une « nette décélération », avec une dynamique désormais « très localisée » dans certains départements, et les dégâts occasionnés en marge des manifestations ou des blocages ont coûté « a minima 30 millions d’euros », a rapporté vendredi une source de l’exécutif.

Une dynamique « très localisée » selon l’exécutif

« On a une nette décélération » et « on sent la décélération depuis plusieurs jours » avec désormais une « dynamique très localisée » du fait « soit d’une politisation locale, soit d’un vrai problème local », a détaillé cette source qui s’exprimait devant quelques journalistes, dont l’AFP. Le mouvement est « en train de muter » et « on est sur quelque chose qui se politise et se durcit sur une assiette d’endroits (...) qui devient assez résiduelle », a-t-elle ajouté.

Selon une carte citée par cette source et consultée par l’AFP, les 141 lycées fermés vendredi sont situés essentiellement dans la région parisienne, d’où est parti le mouvement, le Nord et le grand Ouest du pays, ainsi que près de Lyon. Une carte qui illustre la géographie du mouvement, désormais concentré sur des zones précises.

30 millions d’euros de dégâts confirmés par le ministère

Le coût des dégâts occasionnés en marge des actions des lycéens représente « au moins 30 millions d’euros », après addition des chiffres mentionnés par les différentes régions auprès des recteurs, a confirmé le ministère de l’Éducation nationale. Ce montant, évoqué par la source de l’exécutif, a été validé par les remontées des régions.

« Il n’y a pas de jonction » entre le mouvement des lycéens et celui des étudiants qui est plus « politique », assure cette source, en rappelant que ces derniers pourront voter à la présidentielle. Une distinction que l’exécutif tient à souligner alors que le mouvement lycéen s’essouffle.

Un mouvement repéré avant l’arrivée du pape

Alors que l’exécutif est accusé de ne pas avoir vu venir ce mouvement, qui a démarré dans quelques lycées à la mi-septembre avant de s’étendre, la source assure qu’il a été repéré au niveau ministériel la veille de l’arrivée du pape le 25 septembre. Pour les réponses apportées aux lycéens, le gouvernement va continuer à « effeuiller » ses annonces jusqu’à la fin octobre parce que le mouvement n’a pas de « mot d’ordre précis ».

Une réponse budgétaire n’est pas exclue : même « avec quelques millions, on peut faire des choses ». Au vu des quelque 66.000 contributions relevées sur la plateforme de concertation lancée lundi, la demande des remplacements représente un quart des demandes, et les bâtiments la moitié. Le mécontentement semble nourri par le « sevrage » du téléphone portable, interdit dans les lycées depuis la rentrée, et par le « sentiment que beaucoup de décisions qui les concernent se prennent sans eux », ou se prendront à la présidentielle pour laquelle ils ne pourront pas forcément voter, a développé cette source, en relevant également « une aversion » des lycéens à la violence qui « fait aussi que ça se calme ».

Violences et instrumentalisation

Le sujet des « violences policières » a été « un moteur d’organisation et de mobilisation assez important », sous le coup d’une « instrumentalisation par La France insoumise et parfois de l’ultragauche », a noté la même source, alors que les lycéens et la gauche considèrent que le maintien de l’ordre a été trop musclé. Le mouvement « a démarré sur une base extrêmement violente, ce qui le rend assez inédit » par rapport à un mouvement lycéen classique, avec une nouveauté qui était « un truc hybride de violences urbaines devant le lycée, et en plein jour ».

« La plupart » des lycéens blessés « ne sont pas du tout du fait d’une action de la police », ce sont des « élèves qui se blessent accidentellement », a précisé la source. Des lycéens ont parfois fait le tour des établissements pour « disséminer des mortiers » et, « dans quelques cas », des élus locaux LFI y ont participé, a-t-elle affirmé. Ces éléments, rapportés par la source, dessinent un mouvement dont la violence a été un marqueur, mais qui tend à se résorber.