Depuis le début du mouvement lycéen, plus de 200 lycéens ont été blessés lors des manifestations dans toute la France. Plusieurs interventions policières font désormais l’objet d’investigations. Mardi, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a détaillé devant la commission des lois du Sénat le bilan des enquêtes confiées à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN).
Un bilan précis des enquêtes en cours
« On a trente-six saisines, à date, et, aujourd’hui, sur les trente-six, on a quatre affaires qui portent sur des blessures mutilantes. Et on a six affaires de blessures significatives », a précisé le ministre lors de cette audition consacrée au maintien de l’ordre. Les autres procédures concernent notamment des coups, des insultes et des suspicions d’agression sexuelle.
Ce chiffre de 36 saisines illustre l’ampleur des signalements liés aux interventions des forces de l’ordre durant les rassemblements lycéens. Les enquêtes de l’IGPN visent à déterminer les circonstances exactes des incidents et à vérifier le respect des règles d’engagement.
Des affaires emblématiques sous examen
Parmi les affaires examinées figure celle d’un policier filmé en train de donner un coup de genou au visage d’un manifestant, le 9 octobre, place de la Bastille à Paris. Une autre enquête porte sur les blessures d’un lycéen de 15 ans, qui a perdu une main lors d’une manifestation à Lens, le 5 octobre, après l’explosion d’une grenade assourdissante.
Dans ce dernier dossier, l’IGPN devra déterminer si l’adolescent a ramassé l’engin ou si celui-ci a atterri directement sur lui. Les enquêteurs devront également vérifier si le tir respectait la réglementation même si le parquet de Béthune a confirmé que le tir était « conforme ». À la suite de cet incident, Laurent Nuñez a décidé de suspendre l’utilisation des grenades assourdissantes dans le cadre du mouvement lycéen.
Un policier de Belfort visé par une plainte pour tentative de meurtre
Le ministre a également évoqué l’affaire de Belfort, où un policier est visé par une plainte pour tentative de meurtre. Un lycéen de 17 ans affirme que le fonctionnaire « lui avait maintenu la tête sous l’eau » lors de son interpellation, le 2 octobre, près du ruisseau la Savoureuse. Le jeune homme avait été identifié comme l’auteur présumé de jets de projectiles et de feux de poubelle. La plainte vise en même temps la hiérarchie du policier.
Des victimes parmi les forces de l’ordre et le personnel éducatif
Au-delà des blessures subies par les manifestants, les autorités font état d’un nombre important de victimes parmi les forces de l’ordre et les personnels éducatifs. Selon les chiffres communiqués ce mardi par le ministre de l’Intérieur, « près de 900 » policiers et gendarmes ont été blessés depuis le début de la contestation. De son côté, le ministère de l’Éducation nationale a recensé 147 membres de son personnel blessés.