Lycéen éborgné à Tours : un policier mis en examen
Lycéen éborgné à Tours : policier mis en examen

Un policier a été mis en examen pour « violences aggravées » ce mardi 13 octobre 2026 et placé sous contrôle judiciaire, après qu'un lycéen de 16 ans a été éborgné fin septembre à Tours. Le fonctionnaire a également reçu l'interdiction de porter et de posséder un LBD (lanceur de balle de défense). Un autre policier est placé sous le statut de témoin assisté, selon le communiqué de la procureure de la République de Tours, Catherine Sorita-Minard.

Deux tirs de LBD en une minute

Le 30 septembre, Maël, un lycéen de 16 ans, a été éborgné après des incidents survenus lors du blocage d'un établissement à Tours. La famille avait annoncé porter plainte pour « violences par personne dépositaire de l'autorité publique ». À la suite des examens médico-légaux, la procureure Catherine Sorita-Minard avait indiqué que les lésions à l'œil de l'adolescent étaient « compatibles avec l'impact d'une balle de défense de type LBD ».

L'enquête, confiée à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), a révélé que « deux tirs de LBD ont été réalisés à une minute d'intervalle par deux policiers », détaille la procureure. Les actes d'enquête « mettent en évidence la concomitance du premier tir de LBD et la blessure occasionnée à l'œil » et « révèlent également des interrogations persistantes sur le respect des conditions imposées par la loi d'absolue nécessité et de stricte proportion pour faire usage de LBD », selon le communiqué.

Quatre policiers entendus en garde à vue

Quatre fonctionnaires de police ont été entendus en garde à vue mardi. La procureure a ouvert une information judiciaire et précise : « Il est nécessaire à l'issue de ces auditions et de ces actes d'enquête, compte tenu de la complexité de ce type d'intervention de police, de continuer à travailler à éclaircir les circonstances » de ces tirs et des conditions dans lesquelles le jeune homme a été blessé.

36 enquêtes de l'IGPN depuis le début du mouvement

Trente-six enquêtes ont été ouvertes à ce stade par l'IGPN, « la police des polices », pour des violences présumées depuis le début du mouvement lycéen, dont quatre concernent « des blessures mutilantes », a indiqué mardi le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez. Cette affaire s'inscrit dans un contexte plus large de tensions lors des manifestations lycéennes, et l'enquête se poursuit pour déterminer les responsabilités exactes.