À Lutry, en Suisse, dix-sept ménages ont jusqu’au 31 décembre pour quitter leur logement après la découverte d’un glissement de terrain sous leurs deux immeubles. Les bâtiments présentent déjà des fissures, et les locataires dénoncent un manque de réponses claires sur leur relogement.
Un mouvement de terrain mesuré chaque mois
Depuis le mois de juillet, des appareils mesurent les mouvements du sol. Selon la commune, ils « enregistrent un mouvement de 0,5 à 0,8 millimètre par mois ». Dans un courrier daté du 17 septembre, la régie indique que l’un des immeubles est fortement endommagé, tandis que l’autre présente des fissures sur des parties de sa structure porteuse.
Le problème aurait été découvert au printemps après la rupture d’une conduite d’eaux usées. Les expertises ont ensuite mis en évidence la réactivation d’un ancien glissement de terrain. Des travaux provisoires ont été engagés dans les caves pour consolider certains murs et évacuer les infiltrations d’eau, rapporte 20 Minuten.
« On nous lance une bombe, puis on nous dit : démerdez-vous ! »
Pour les habitants, l’inquiétude se double d’une course contre la montre. Une locataire de 69 ans explique ne toujours pas savoir si son déménagement sera pris en charge, comment récupérer rapidement sa garantie de loyer ni quelle aide lui sera proposée. « Décembre, c’est demain. Et cela fait trois semaines que nous n’avons aucune réponse claire », déplore-t-elle auprès de 20 Minuten.
Une réunion avec la régie, le propriétaire, les ingénieurs et la commune avait pourtant été annoncée. « On attend toujours », souffle-t-elle. Autre motif de colère : plusieurs appartements auraient encore été reloués ces derniers mois. « C’est sidérant et irrespectueux », s’indigne une autre habitante.
Sous surveillance active, mais aucune évacuation imminente
Pour l’heure, aucun effondrement imminent n’est annoncé. Les bâtiments restent « sous surveillance active ». Cependant, l’avocat du propriétaire prévient qu’« une dégradation soudaine pourrait précipiter l’évacuation des résidents ». Les dix-sept ménages doivent donc quitter les lieux d’ici à la fin de l’année, sans savoir précisément comment ils seront relogés.