Lormont : le ministre de l'Éducation face aux dégâts du lycée des Iris
Lormont : le ministre face aux dégâts du lycée des Iris

Une semaine après les dégradations commises au lycée des Iris de Lormont, en marge de la mobilisation lycéenne, le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, s'est rendu sur place jeudi, lors de son déplacement en Gironde. Il a salué les personnels de l'établissement pour avoir évité des blessés et des destructions de matériels difficilement réparables, alors que le préjudice est évalué à 150 000 euros.

Un hommage aux personnels et une condamnation des actes

« Je vous remercie car il n'y a eu aucun blessé alors qu'il s'agissait d'une attaque d'une extrême violence, a lancé le ministre aux personnels du lycée. Et vous avez aussi évité la destruction de matériels qui auraient été très difficilement réparables ; des centaines d'élèves auraient été laissés-pour-compte. »

Le ministre a rencontré les équipes de l'établissement, cible d'actes de vandalisme le 8 octobre dernier, et a estimé que « le vrai dialogue est partout : dans les établissements, au niveau académique et au niveau national avec les élus lycéens et la plateforme ». Il a promis de nouveaux échanges dans les jours à venir, dont une visioconférence avec les organisations lycéennes jeudi à 17h30, avant de trancher : « Les gens qui font ça, ce sont des criminels. »

Le proviseur évoque une frange de trente individus

Thierry Malewicz, proviseur du lycée des Iris, a tenu à préciser que « les responsables ne sont pas forcément des élèves. Leurs revendications ont été écoutées et entendues, tout a été fait pour que ce dialogue lycéen puisse avoir lieu et là, on se heurte effectivement à une frange de trente individus qui ont dégradé l'établissement. Ils ne sont pas dans le dialogue. »

Le ministre a approuvé cette analyse, insistant sur l'existence d'un dialogue constructif qui « a déjà débouché sur certains actes et il y en aura d'autres dans les jours à venir ».

Pas de fermeture préventive aux Iris malgré les appels à la casse

Ce mercredi matin, un incendie de poubelles a dégradé la façade et le portail du lycée des Métiers La Ruche, un établissement privé professionnel sous contrat d'association situé à Bordeaux. Isabelle Polidano, chef d'établissement, visiblement bouleversée, a confié : « Ce n'est pas facile, on subit des choses et on essaie tellement de porter nos établissements et il est difficile de pouvoir aller contre ce qui nous arrive. » Le ministre lui a demandé de « tenir bon ».

La Ruche avait été fermée préventivement, avec des cours en distanciel depuis le 2 octobre, mais pas les Iris. « Au lycée des Iris, le proviseur a maintenu ouvert malgré l'avis des enseignants, dans le contexte d'appels à la casse sur les réseaux sociaux, tient à faire remarquer Maëlle, enseignante en histoire-géographie. Et en fait, il y a eu de la casse. » Plusieurs autres lycées, dont Elie-Faure, également à Lormont, avaient fermé leurs portes.

Des élèves tenus à distance du ministre

Ce jeudi, à l'occasion de la venue du ministre, les élèves du lycée Elie-Faure, situé à quelques centaines de mètres des Iris, ont tenté d'attirer son attention pour échanger. « Mais des cars de CRS les ont cachés, raconte Maëlle. Ils manifestaient peut-être pour la première fois et on les a vraiment complètement invisibilisés. »

« Je peux vous dire qu'il y a plusieurs centaines d'adolescents de Lormont qui ont vu ce que c'était la liberté d'expression aux yeux de ce gouvernement », renchérit François, enseignant en sciences économiques et sociales. Les enseignants insistent sur une mobilisation ce jeudi matin, tout à fait pacifique, sans aucun débordement.

« Je ne sais pas combien de forces de l'ordre ont pu être mobilisées, juste pour que monsieur le ministre vienne voir les quelques dégâts matériels, bouillonne François. Les dégâts matériels et humains ne datent pas de la semaine dernière mais sont anciens, ils sont le fait de la politique menée par ce gouvernement. »