Une vidéo visionnée plus de 400 000 fois raconte qu'une enseignante de maternelle à Paris a été licenciée après avoir attaché douze enfants avec une corde lors d'une sortie scolaire. Selon la voix off, « Émilie Carter » aurait été dénoncée par la mère d'un élève, puis convoquée à une réunion d'urgence le lendemain, avant d'être licenciée. L'histoire, reprise massivement sur les réseaux sociaux, a déclenché une vive polémique. Mais 20 Minutes a mené l'enquête et démontre que ce récit est une pure invention.
Aucune trace d'Émilie Carter
Les vérifications effectuées par 20 Minutes n'ont permis de trouver aucun témoignage d'Émilie Carter en ligne, ni aucune preuve de l'existence d'une enseignante portant ce nom dans une école maternelle à Paris. Le récit, bien que détaillé, ne repose sur aucun élément factuel vérifiable.
De plus, la chronologie du licenciement en 24 heures est juridiquement impossible en France. Le code du travail impose une procédure stricte : l'employeur doit convoquer le salarié à un entretien préalable par lettre recommandée ou remise en main propre, et cet entretien ne peut avoir lieu moins de cinq jours ouvrables après la présentation de la lettre. Même dans un établissement privé hors contrat, cette règle s'applique.
Une vidéo recyclée depuis les États-Unis
En creusant, 20 Minutes a retrouvé une autre vidéo virale racontant la même histoire, mais située à Atlanta, aux États-Unis. L'enseignante y devient « Emily Carter ». Aucun article de presse américain ne confirme cet événement, ni même l'existence de cette personne.
Cette vidéo, produite en anglais, a simplement été traduite et adaptée au contexte français pour toucher un nouveau public. L'objectif est clair : susciter l'indignation et générer du clic, sans aucun fondement réel.
Une intoxication classique
Ce cas illustre une pratique courante de désinformation : reprendre un récit inventé, le localiser dans un pays ou une ville différente, et l'accompagner d'images pour lui donner une apparence de vérité. Les commentaires sous la vidéo montrent que de nombreux internautes ont été trompés, certains allant jusqu'à comparer ce faux licenciement à l'impunité des pédophiles, ou à approuver la pratique de l'attache.
En conclusion, rien ne permet d'affirmer que cet événement s'est produit, ni en France ni aux États-Unis. Il s'agit d'une invention destinée à manipuler l'opinion et à attirer l'attention. Face à ce type de contenu, la vérification des sources reste essentielle pour éviter de propager des fausses informations.