Nouvelle loi antinarcotrafic : l'Hérault déploie un outil administratif inédit
L'Hérault active un nouvel arsenal contre le narcotrafic

Ce vendredi 29 août, le directeur de cabinet du préfet de l’Hérault, Thibaut Félix, s’est rendu à Sète, dans le quartier de l’Île de Thau, pour présenter un nouvel arsenal de lutte contre le narcotrafic. Accompagné de la commissaire de Sète, Marine Selles, et de la première adjointe au maire, Blandine Authier, il a supervisé une opération de contrôle. La présence des caméras a immédiatement attiré l’attention de certains habitants, venus dénoncer les actions policières dans le secteur.

Une priorité de sécurité pour le préfet

Thibaut Félix a réaffirmé que la lutte contre le narcotrafic constitue une « priorité de sécurité pour le préfet de l’Hérault ». Dans ce secteur, « un point de deal a été très actif il y a quelques mois, donnant lieu à des règlements de compte. Nous avons décidé de frapper un grand coup, notamment avec une opération place nette », a-t-il expliqué. L’objectif est ensuite de maintenir le trafic « à l’écart ». Une nouvelle équipe tente actuellement de récupérer le « four » de la place de la Seinchole, toujours très convoité dans une guerre de territoire pour le marché de la drogue.

Un nouvel outil administratif : l’interdiction de paraître

Pour empêcher le retour des trafiquants, une nouvelle mesure administrative a été mise en place : les interdictions administratives de paraître sur un secteur donné. Elles peuvent être appliquées sans l’intervention du juge judiciaire, qui peut toutefois prononcer des sanctions similaires mais sur des périodes plus longues et des secteurs élargis. Ces mesures, d’une durée maximale d’un mois, ne peuvent concerner le lieu de résidence de la personne visée. « Dans de nombreux cas, le trafic n’est pas organisé par des habitants de ces quartiers mais par des personnes venant de l’extérieur », a précisé Thibaut Félix.

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Treize interdictions déjà prononcées dans l’Hérault

Concrètement, treize mesures de ce type ont été prononcées sur l’Hérault cet été : trois à Sète, quatre à Béziers et six à Montpellier. Elles se basent sur des « faisceaux d’éléments » collectés par les forces de l’ordre, après une judiciarisation de l’affaire. Par exemple, un individu repéré plusieurs fois sur un point de deal peut se voir interdire d’y paraître.

Un outil supplémentaire pour les forces de l’ordre

Les forces de l’ordre sont chargées de contrôler les personnes soumises à ces interdictions. Vendredi, des policiers en tenue et une patrouille de la Bac étaient déployés pour cette mission. Le non-respect de ces arrêtés préfectoraux peut entraîner une peine de prison ferme pouvant aller jusqu’à six mois. Ce nouvel outil, comme celui des fermetures administratives de commerces, séduit les forces de l’ordre. « La surveillance de ces individus impliqués dans le trafic est déjà inscrite dans nos patrouilles, a indiqué la commissaire Selles. Avec cet outil, on peut avoir une attention plus particulière. C’est un levier de plus pour un individu dont on sait qu’il est impliqué, qui a beaucoup d’argent sur lui mais qui ne transporte pas de produit. »

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