Le procureur de Béthune, Etienne Thieffry, a indiqué vendredi que le CRS à l'origine du tir de grenade assourdissante ayant grièvement blessé un lycéen de 15 ans à Lens (Pas-de-Calais) avait respecté les procédures réglementaires. L'adolescent a perdu sa main gauche lundi lors d'une intervention policière devant le lycée Auguste-Béhal.
Le tir jugé conforme par l'IGPN
Selon les premiers éléments recueillis par l'Inspection générale de la Police nationale (IGPN), le fonctionnaire, habilité à utiliser cette arme, « a agi sur ordre de l'autorité de commandement et a procédé à ce tir conformément au mode opératoire préconisé par la documentation de formation ». Les CRS étaient intervenus après avoir été visés par des tirs de mortiers et des jets de pierres.
Une vidéo manquante et des témoignages concordants
Les circonstances exactes de l'explosion restent toutefois à déterminer. « Il n'existe pas de vidéo à disposition des enquêteurs permettant de visualiser l'explosion de la grenade », a précisé le procureur. Les investigations doivent notamment établir si l'adolescent a ramassé l'engin ou si celui-ci est tombé directement sur lui.
D'après Etienne Thieffry, les témoignages recueillis, à l'exception d'un seul, concordent sur le déroulement des faits. La grenade aurait été lancée à environ 80 mètres avant de tomber au sol. Plusieurs manifestants s'en seraient alors approchés et l'un d'eux l'aurait saisie avant son explosion. Le lycéen, toujours hospitalisé, sera entendu dès que son état de santé le permettra.
Dépôt de plainte et suspension des grenades
La mère de l'adolescent, auditionnée jeudi, a « déposé plainte pour les blessures subies par son fils », a confirmé le parquet. Son avocate, sollicitée vendredi par l'AFP, n'a pas souhaité s'exprimer. Les enquêteurs poursuivent leurs recherches de vidéos et de témoignages, ainsi que leurs investigations techniques, afin de préciser les circonstances de l'accident.
Outre cette affaire, plusieurs blessures graves imputées aux forces de l'ordre ont suscité des critiques à gauche. Mercredi, le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a ordonné la suspension de l'utilisation des grenades assourdissantes face à la mobilisation lycéenne, dans l'attente des conclusions sur les événements de Lens.